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Le suicide, un appel à l’aide

Comptant un taux extrêmement haut de suicide par nombre d’habitants, la Belgique se situe bien au-delà de la moyenne mondiale. Mais au-delà des chiffres que faire lorsque c’est votre propre enfant qui pense à mettre fin sa vie ?

Avec un taux de suicide estimé à 21 pour 100.000 habitants, soit 6 à 7 décès par jour ou environ 2.000 par an, la Belgique compte parmi les pays européens frappés par la plus importante mortalité liée au suicide. Elle se situe, avec d’autres pays comme la Finlande, la France et le Danemark, largement au-dessus de la moyenne mondiale estimée à 14,5 pour 100.000 habitants.

Et parmi ces habitants, les jeunes sont une cible privilégiée. il faut dire que l’adolescence constitue une période particulièrement difficile : tous les jeunes ne la traversent pas sans heurts. Si certains ne font que ressentir des idées noires éphémères, (bien trop) nombreux sont ceux qui régulièrement ont recours au suicide.

La tentative de suicide a très rarement pour but réel de donner la mort. En fait, il s’agit plutôt pour ceux qui la réalisent d’un moyen de changer de vie, de mettre les problèmes entre parenthèses, bref, d’appeler au secours pour que les choses changent.

Parfois, l’entourage, les amis, la famille ne comprennent pas ce message de détresse. Pour le jeune, une envie de recommencer pointe alors. Et c’est la mise en place d’un cercle vicieux et ô combien dangereux. Parler demeure donc la clef de la prévention. Mais comment savoir si l’esprit de son enfant est traversé par des idées suicidaires ?

Les signaux d’un pré-ado désespéré sont particulièrement difficiles à discerner à la maison. En fait, contrairement à un autre jeune, en pleine crise, l’ado empli d’angoisse et de doute ne va pas créer des écarts mais carrément des ruptures avec le monde dans lequel il vit : fugue, alcool, cannabis,... deviennent autant de moyens pour mettre sa vie en danger, s’attaquer personnellement, se détruire lentement...

Lorsqu’une telle souffrance habite votre enfant, la seule sortie de secours consiste pour lui (et vous) à en parler. En tant que parents, nous avons donc un rôle de premier ordre à jouer en tant que médiateur. Il nous faut faire comprendre à nos enfants qu’ils peuvent se confier à nous, nous parler, essayer de déterminer ce qui ne va pas, ce qui pose problème, ...

Et si on ne peut pas assumer seul ? Encore une fois, il est important de pouvoir en discuter. Dites à votre enfant qu’en tant que parents, vous êtes préoccupés par ces idées noires, sa tentative de suicide et que vous avez besoin d’en parler à un spécialiste. Demandez-lui de vous y accompagner parce que vous avez besoin de son soutien dans cette démarche. Si votre enfant n’accepte pas de rencontrer un professionnel et de se faire aider par lui, rien ne pourra être résolu.

Une clef importante réside dans la participation des deux parents : si le père de votre enfant, par exemple, se positionne contre cette consultation, l’engagement de votre enfant et sa guérison en souffrira.

Et si le jeune a eu recours une fois au suicide, est-il possible d’éviter les futures tentatives ? Evidemment oui car, heureusement, une tentative n’en entraîne pas forcément une autre. Toutefois, le risque de récidive est important si rien n’est fait. Dites votre inquiétude à votre enfant. Ne faites surtout pas comme si de rien n’était. Pleurez si vous en avez besoin, exprimez votre préoccupation. Une ouverture au dialogue sera alors envisageable avec une amorce de solution à la clef...

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