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Mon garçon est efféminé

Il joue constamment à la dînette, veut se maquiller. Votre enfant souffre-t-il du « Sissy boy syndrome », ou syndrome du garçon efféminé ?

C’est à partir de 3 ans que l’enfant perçoit progressivement qu’il n’est pas une partie de sa maman. Quel choc d’apprendre que lui et elle sont finalement deux êtres bien distincts ! Mais garçon et fille ne vont pas vivre cette découverte de la même façon.

Pour la fillette, la révélation sera plus facile à « digérer » car même si elle n’est pas comme sa mère, elle peut de toute façon continuer à s’y identifier. Par contre, le petit garçon, lui, va rencontrer plus de difficultés : « Si je suis autre que Maman, qui est mon modèle, alors ? » va-t-il se demander inconsciemment. La réponse, il la trouvera seul : son papa deviendra alors son exemple, celui auquel il s’identifiera. Il s’imaginera même devenir plus tard comme lui.

Oui mais voilà, la maman demeure pour tous les petits garçons, le premier modèle d’identification. Certains aiment donc particulièrement enfiler les tenues de la garde-robe maternelle ou coiffer une poupée.

Mais, comment réagir ? Pas de panique ! Ce comportement, certes troublant, peut se révéler tout à fait anodin, relevant simplement du jeu de rôle. Le garçon a besoin de s’identifier à sa maman. Normalement, ce genre de troubles est passager. S’il persiste, on parlera du « Sissy boy syndrome », ou syndrome du garçon efféminé. Mais jouer à la poupée n’est pas un indice pertinent : plusieurs comportements suspects doivent s’accumuler (travestissement, maquillage, affirmation de soi en tant que féminin, ...)

Avant d’énoncer un verdict, observez la façon dont se comporte votre fils : lorsqu’il vous réclame une poupée, est-ce ensuite pour lui brosser les cheveux ou bien pour s’en servir comme passager aventureux de ses voitures télécommandées ? Dans ce dernier cas, rien ne sert de vous inquiéter !

N’interdisez surtout pas à votre fils de jouer à la dînette ! En plaçant une telle censure, vous risqueriez de provoquer l’effet inverse à celui que vous désiriez. Il suffit en effet d’interdire quelque chose à un enfant pour qu’il fasse tout pour l’obtenir ! Pensez-y !

Ensuite, évaluez votre cadre de vie : les comportements de chaque membre de la famille jouent un rôle considérable dans l’acquisition de la sexualité d’un enfant. Prenons par exemple, un homme qui bat sa femme. Témoin de cette violence, le petit garçon voudra devenir une femme et refusera d’être un homme et parce qu’à ses yeux ces derniers sont méprisables. Pensez donc à offrir un contexte sain et équilibré pour que votre enfant puisse s’y épanouir.

Discutez-en avec votre fils : « Pourquoi prends-tu les robes de Maman ? », « Aimes-tu te maquiller ? », « Eprouves-tu du plaisir quand tu le fais ? ». Enfin, n’hésitez pas à en parler à votre médecin généraliste ou à votre pédiatre. En cas de besoin, ils sauront vous orienter vers un pédopsychiatre.

Sachez enfin qu’on ne peut pas encore parler d’homosexualité car elle ne possède pas de signes précurseurs. Ce choix d’orientation sexuelle ne se concrétisera en effet qu’à la post-adolescence. Vers 18-19 ans, il sera alors judicieux pour celles et ceux qui sont persuadés de leur homosexualité de l’assumer le mieux possible, dès les premiers rapports amoureux. Mais c’est une autre histoire...

Remarque

Etrange de constater que la fille « garçon manqué » est un phénomène beaucoup mieux toléré dans notre société actuelle que le garçon efféminé. Peu de parents s’inquiètent de voir leur petite Laura jouer avec un pistolet de cow-boy tandis qu’ils sont nombreux à paniquer si Tom, son frère, est pris en flagrant délit les mains dans la trousse de maquillage de sa maman ! La faute à qui ? Aux stéréotypes de sexe, pardi ! A l’heure actuelle, et malgré des dizaines d’années de lutte féministe, ils sont encore très vivaces. Notre histoire collective se compose de nombreuses représentations ancrées en nous, et dont nous avons bien du mal à nous débarrasser !

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