Enfants hypersexualisés : charte contre les lolitas
Jusqu’où iront parents et médias pour que les fillettes soient de mini femmes à l’âge où elles devraient jouer à la poupée ? Soutien-gorge push up pour fillettes de 7 ans, string ou injection de botox à des enfants de 8 ans…
Jusqu’au magazine Vogue qui a mis le feu aux poudres en publiant des photos de la fille de Véronika Loubry, âgée de 10 ans, dans des poses suggestives qui conviendraient mieux à des femmes assumant leur sexualité et leur séduction.
Dans le même temps, les publicités créant des parallèles parfois douteux entre les mères et leurs filles se multiplient. Sociologue au CNRS, Michel Fize dénonce, à l’AFP, les concours des mini miss dont l’élection a eu lieu ce 18 décembre et parle d’hypersexualisation des enfants, autrement dit toute attitude qui confère une connotation sexuelle à un comportement qui ne devrait pas en avoir.
Provoquer une prise de conscience
C’est pour lutter contre cette tendance qu’une charte verra le jour en janvier. Le ministère des Solidarités a en effet décidé de poser des limites en rédigeant un texte relatif à la protection des enfants dans les médias. Pour le préparer, Chantal Jouanno, sénatrice et membre de la commission des affaires sociales et de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, est chargée d’une mission sur l’ « hypersexualisation des petites filles ».
Mais « les psys, l’Education nationale, les magazines, l’industrie de l’habillement » participeront à cette démarche pour prévenir le développement de cette tendance. La ministre des Solidarité et de la Cohésion sociale, Roselyne Bachelot, espère que ce travail permettra de poser les principes « visant à ne plus promouvoir dans les médias des reportages, produits ou services qui encouragent l’hypersexualisation des petites filles ».
Le risque : des troubles du comportement
Car cette dérive n’est pas sans conséquence sur le développement des petites filles. Le Dr Stéphane Clerget, pédopsychiatre et auteur de Nos enfants aussi ont un sexe (éd. Robert Laffont), interviewé par le journal 20 minutes, explique que ces petits bouts de femmes sont en réalité des enfants qui ont du mal à grandir et n’ont pas dépassé la période œdipienne durant laquelle le jeu de séduction est très important.
Pour ce pédopsychiatre, ces lolitas risquent de penser que la beauté et la séduction sont leurs seuls atouts et ne jamais se percevoir comme des enfants puis des adultes intelligents, doués, sages… La quête sans fin de la beauté parfaite peut les conduire à des troubles alimentaires, à l’utilisation excessive de la chirurgie esthétique et à un manque de confiance en soi et à un mal-être. Un prix cher payé pour devenir une princesse de papier…
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