Histoire vraie
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Branle-bas de combat. Etant donné que, dans six semaines, Monsieur bébé franchira triomphalement la porte de cette maison, il est plus que temps de lui préparer son petit nid. Flanquée de maman, rayonnante future grand-mère en caleçon lycra, j’écume les boutiques. Papier peint et rideaux ? Entre les petits cochons hilares, les lapins gambadants et les frises de canard grossièrement stylisés, je ne sais que choisir... Faut-il vraiment opter pour des motifs débiles pour plaire à sa progéniture ? Vais-je écoper d’un grand névrotique si je renonce au rose pastel ou un bleu nunuche ? Craquant pour la bonne bouille de Mowgli, je me décide finalement pour des rideaux "livre de la jungle". Et on peindra ses murs en vert "forêt tropicale" assorti.
Pour le reste de l’ EQUIPEMENT de notre progéniture, j’ai dressé une petite liste pour ne rien oublier :
une table à langer
un MATELAS A LANGER
un berceau
un mobile gai et coloré à suspendre au-dessus du lit
six draps
une alèse
deux COUVERTURES en pure laine vierge
une commode de rangement
six pyjamas
deux surpyjamas
deux bonnets en laine, un chapeau de soleil
douze bavoirs
un couffin
un landeau
un sac de couchage petit format
un sac kangourou
un paquet de changes 3-5 kilos
un stock de coton hydrophile
trois THERMOMETRES
un lot de serviettes pré-découpées, nettoyantes et rafraîchissantes
un flacon d’éosine
une pile de compresses stériles
un savon bébé
un shampoing bébé qui ne pique pas les yeux
un lait bébé
une petite baignoire plastique
une brosse à cheveux en soie
deux paires de petits ciseaux à bouts ronds
trois ou quatre hochets sonores
six BIBERONS en verre
six biberons en plastique pour parents maladroits
un stérilisateur
un CHAUFFE-BIBERON
un assortiment de tétines
un goupillon (sabre inutile)
un seau à Champagne (pour la maternité)
six barrils de lessive paillette "douce"
un flacon d’alcool à 70° (pour plaie ombilicale)
un nouveau pyjama en soie pour redorer le narcissisme de la radieuse maman
Inutile de le dire : lorsque je lui ai présenté le devis établi en vue de l’accueil de Polichinelle, Gérard a failli tourner de l’oeil. Et encore, j’ai été raisonnable. J’ai renoncé au biberon avec régulateur d’air aérophagique, au tapis d’éveil en forme de clown avec le nez qui couine et le pied qui crisse, à la poussette-canne à inclinaisons variables et à la gigoteuse dernier cri de chez Agnès B.
Quant au berceau, sur le conseil de plusieurs de mes amies, mères patentées, j’y ai renoncé au profit du petit lit anglais à barreaux, en hêtre laqué, sommier à trois positions, côtés coulissants, entourage capitonné, parure volantée et festonnée dans un imprimé délicat. Une fortune, une merveille. Lady Di a certainement eu le même.
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