L’amour de l’entourage
L’amour inconditionnel
Nous avons tous besoin d’amour inconditionnel, c’est à dire d’être aimés pour qui nous sommes. Et bébé bien plus que quiconque.
Le sentiment de son existence se développe à partir de l’amour qu’il reçoit. Et cela commence dès sa capacité la plus infime à percevoir des sensations dans l’utérus.
De zéro à six mois, bébé n’a rien d’autre à faire qu’exister, obtenir satisfaction de ses besoins : besoin d’être touché, et d’être alimenté à son rythme :quand il a faim, il pleure et il sera satisfait après avoir été nourri. Il a également besoin d’être accepté tel qu’il est : je t’aime fille ; je t’aime garçon. Je t’aime avec tes yeux noirs, ou verts, ou bleus, avec ton visage rond ou allongé, avec ou sans cheveux, avec ton sourire autant qu’avec tes pleurs, avec ta maladie, avec ton handicap. C’est bon et nécessaire de lui manifester notre sentiment de joie pour le fait qu’il (elle) est là. Et cet amour que nous lui donnons passe aussi par la douceur des caresses, la musique de la voix et la lumière du regard.
Toutes les femmes (ou presque) vous diront qu’elles aiment leur bébé. Et pourtant, qui n’a pas eu envie de l’envoyer promener quand, après l’avoir nourri, changé, promené, lui avoir chanté la plus douce des berceuses, à quatre heures du matin il ne dort toujours pas ? Reconnaître son énervement, sa fatigue, son ras-le-bol, n’enlève rien à l’amour, au contraire ; cela permet de différencier ses propres besoins de ceux de bébé et de s’organiser pour que bébé continue à recevoir les soins adéquats tandis que maman se repose.
C’est de cette attitude nourricière présente aux besoins, acceptante sans conditions, que va naître chez l’enfant le sentiment d’exister d’abord, et le sentiment de sa propre valeur ensuite. De là découlent l’estime de soi et la confiance. Confiance aux autres, confiance en soi et confiance dans le monde.
Satisfaire les besoins des nourrissons, qui sont des besoins psycho-biologiques, est un investissement essentiel et incommensurable. Car ces six premiers mois portent en germe un adulte confiant, ouvert, intelligent, sensible, curieux, collaborant, créatif, communiquant, tolérant et solidaire.
Pendant les six premiers mois bébé a le droit de vous réveiller n’importe quand, d’être nourri, changé, niché contre vous quand il le réclame ; de mettre de la panade partout, de vomir sur votre belle robe. Il doit expérimenter qu’il est aimé sans condition, qu’il a le droit d’exister tel qu’il est et quoi qu’il fasse. Vous devez juste assurer la sécurité pour qu’il ne se fasse aucun mal. Vous ne pouvez ni le punir ni le mettre à l’écart.
Cela ne veut pas dire qu’il faut arrêter cette ligne de conduite après six mois. Avec une évolution progressive, l’éducation et les soins demanderont toujours de donner de sa personne : présence, chaleur, écoute, protection, apprentissage, limites à poser, encouragements et félicitations à procurer, sens des responsabilités à développer, et je vous laisse continuer la liste.
Nicole DUHAMEL,
Psychologue, Psychothérapeute.
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