Trop d’IVG et pas assez d’informations
Légalisée en 1975, l’interruption volontaire de grossesse (IVG) fait toujours débat ! Aujourd’hui, de plus en plus d’adolescentes y ont recours. C’est le triste constat établi par le Professeur Israël Nisand gynécologue obstétricien au CHU de Strasbourg.
En 2009, 13 500 cas d’IVG ont été recensés par l’Inspection générale des Affaires sociales. Puis en 2002, 11 000 jeunes femmes y ont eu recours. Et aujourd’hui, on évoque 15 000 IVG chez les adolescentes. Cette progression interpelle le Pr Nisand.
Dans d’une interview accordée à Europe 1, il ne décolère pas et déplore des lacunes sur la prévention. Pour contrer cette hausse, il réclame la gratuité de la pilule contraceptive pour les adolescentes. « Il y a une aberration : l’IVG est anonyme et gratuite pour les mineures, la pilule du lendemain est anonyme et gratuite pour les mineures mais la pilule contraceptive, non... C’est monstrueux ! » regrette-t-il.
Protéger l’IVG en informant mieux
Existe-t-il un déficit de communication autour de la contraception et de l’IVG ? C’est l’avis de nombreux médecins mais aussi d’une majorité de femmes. Une femme sur deux se dit mal informée sur l’IVG, selon un sondage Opinion Way. Le manque d’informations sur l’avortement a été souligné à l’occasion du Forum « Comment protéger le droit à l’IVG en 2011 ? » Ainsi, 74 % des femmes interrogées pensaient que l’IVG chirurgicale était la seule façon d’interrompre une grossesse. L’IVG médicamenteuse représentait quand même 46 % des avortements en 2006.
De son côté, le Planning familial attire l’attention des pouvoirs publics et des médias sur l’augmentation du tarif des actes concernant l’IVG et celles des forfaits versés aux établissement les pratiquant, annoncées par la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, en novembre 2010. Selon le Planning, cette annonce n’a toujours pas été suivie d’effet.
| < Article précédent : Mamie à 23 ans ! | Article suivant : CCNE : oui à la création post mortem > |




|
