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André : "Elles n’ont pas cru que j’allais accoucher"

Tout a commencé le 26 mai quand je reçois une lettre d’attribution d’HLM. Enfin, je vais pouvoir quitter mon appart de 45 m² pour un grand F4 ! Pour ça, il a fallu que je sois enceinte de 7 mois et demi, que j’aie une petite fille de 22 mois et que mon appart actuel soit insalubre... Malheureusement le destin a refusé que nous ayons ce pavillon avec ses 4 chambres qu’on nous avait promis et à cause (ou grâce) auquel nous avions mis en route notre deuxième bébé.

Le 1er juin, c’est le grand déménagement. Mais je reste sage et je réceptionne les cartons sans forcer. Le 4 juin, j’ai rendez-vous avec la sage-femme de l’hôpital pour voir où en est mon bébé. Il faut dire que le col est ouvert à 1 cm depuis 2 mois déjà, et que j’ai beaucoup de contractions de fin de grossesse. Après lui avoir expliquer le déménagement, elle m’examine et me dit "le col est a 1 cm sur toute la longueur, très raccourci et je sens la tête du bébé !" Elle me demande pour quand est prévu mon accouchement ? Le 10 juillet, dans plus d’un mois !! Elle me conseille de rentrer chez moi et d’en faire le moins possible.

Le 5 juin je suis mon premier cours de préparation à l’accouchement, celui sur la respiration. Le 6 juin, je commence à perdre du liquide… Je fonce à la maternité avec mon homme pour passer un test qui se révèle négatif : ce que je perds n’est pas du liquide amniotique. Sur le coup, je prends peur car je me rends compte que sa chambre n’est pas encore prête, nous n’avons rien du tout ! Sauf son armoire qui est pleine de linge tout propre qui n’attend que de servir. Nous filons donc chercher son lit et son mobile et je finis sa chambre tranquillement le 7 juin.

12 juin : Nouveau cours de préparation sur la poussée cette fois, je suis à 37 semaines ce jour, je meurs d’envie d’essayer les différentes positions que la sage femme montre, mais comme je perds encore du liquide, je ne peux pas car même les serviettes hygiéniques les plus épaisses ne suffisent pas à tout contenir... 13 juin : J’ai toujours des contractions, elles sont peut-être un peu plus douloureuses, mais c’est largement supportable. En plus on vient de recevoir notre cuisine, donc je range mes derniers cartons, lorsque je me rends compte que je n’ai pas préparé la salle de bain si mon bébé arrive. A minuit et demi, me voila donc en train de nettoyer la baignoire et de ranger des couches taille 1 à coté de celles de ma première fille.

14 juin : il est 1h30 quand mon homme rentre de chez un ami, je lui confie que j’ai toujours des contractions. Je me sens très fatiguée mais je n’arrive pas à dormir, et en plus je commence à perdre du sang, ce qui, si je suis le livre, signifie que le travail commencera dans 24h à peu près... Finalement, je décide de prendre une bonne douche chaude pour m’aider à m’endormir. Et là, les contractions passent de 10 minutes à 2 minutes, et elles sont de moins en moins supportables ! Pour couronner le tout, ma mère qui doit garder ma première est à 100 km de chez moi pour cette nuit (il faut donc que j’appelle mon père qui ne comprend pas trop ce que je lui demande à 2h30 du matin), et ma valise n’est pas prête !!

J’ai l’impression que tout va trop vite, beaucoup trop vite... Nous partons tant bien que mal à la maternité où le verdict tombe : je suis à 3 cm en plein travail !! On me propose la péridurale que j’accepte immédiatement (pas question de jouer les dures comme pour ma première pour laquelle j’ai failli aller chercher l’anesthésiste moi-même à la fin !). Mais ma prise de sang n’est pas faite… Bref, on me fait cette fichue prise de sang qui part en urgence pour avoir les résultats rapidement, et on m’installe en salle de travail. Il est 3h10. A 3h40, je dis à la sage-femme que j’ai envie de pousser… Nouvel examen : je suis à 7 cm ! La tête appuie beaucoup, elle est prête à sortir ! Je n’ai toujours pas ma péridurale, j’ai l’impression qu’il n’y a plus de repos entre les contractions...

La sage femme appelle ses collègues pour leur dire que je vais accoucher (lesquelles ne veulent d’ailleurs la croire, je ne suis là que depuis 30 minutes !) Mais je ressens toujours cette envie de pousser, et en même temps, j’ai l’impression de brûler de l’intérieur, elle m’explique que c’est normal, le bébé se fait un chemin pour sortir, mais le col n’est pas encore complètement dilaté, il manque juste 0.5 cm qui disparaissent très vite.

Ma seconde fille nait en 2 poussées seulement, sans péridurale... à 3h49 du matin. On me la mets en peau a peau, elle prend le sein tout de suite... tout va pour le mieux... A un peu plus de 24h de vie, elle est emmenée en néonat, elle fait une grosse jaunisse et il y a une suspicion d’infection. Elle passera 24 h en photothérapie. Le 18 juin, je peux enfin sortir de la maternité, même si sa jaunisse et son poids qui joue au yoyo m’oblige à y retourner tous les 2 jours. Sa jaunisse persistera un mois, mais tout finira bien. Je suis fière de ma petite fille, née en 45 minutes, sans péridurale, à 37 semaines seulement.

Andréa

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