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Anne-Claire : "Nous lui avons donné une chance de vivre"

Mon mari et moi nous sommes mariés en juillet 2007. Nous avions 23 ans. Nous avons tout de suite désiré la venue d’un enfant alors quelle joie quand nous avons appris en novembre 2007 que j’étais enceinte. Lors de la deuxième échographie, nous avons été ravis d’apprendre qu’il s’agissait d’un p’tit garçon mais le gynéco a également vu que quelque chose n’allait pas au niveau de son coeur, mais ne pouvait nous dire exactement quoi. Il nous a envoyé à Paris (nous habitions au Mans (72)) voir un cardio pédiatre. Nous ne savions donc pas à quoi nous attendre. Celui-ci nous a expliqué les anomalies du coeur de notre bébé et a dit que nous étions parfaitement en droit de demander une interruption de la grossesse (j’étais presque enceinte de 6 mois). Nous ne pouvions envisager de ne pas donner à notre enfant une chance de vivre.

Le médecin était assez pessimiste mais ne pouvait rien assurer avant la naissance du bébé. Il a été très respectueux envers notre décision, en tous cas. Comme nous voulions garder l’enfant, il nous a conseillé une prise en charge à l’hôpital Necker, à Paris, où mon accouchement serait donc déclenché. A l’hôpital, le professeur qui dirigeait le service nous a bien expliqué à nouveau les malformations de notre enfant et les difficultés qu’elles allaient poser à la naissance. Il avait une chance de pouvoir s’en sortir si son coeur fonctionnait malgré les anomalies, sinon, même des opérations ne pourraient rien y faire. Nous devions attendre sa naissance pour savoir.

Dans un tel contexte, vous pouvez imaginer que je n’étais pas pressée d’accoucher : tant qu’il était dans mon ventre, il était protégé. Mais mon petit bonhomme était pressé de venir, et il est arrivé 3 semaines plus tôt (le 26 juin 2008) avec heureusement un bon poids déjà (3kg265). L’accouchement n’a donc pas été déclenché mais on m’a emmené jusqu’à Paris en ambulance pour que le bébé naisse à Necker et y soit pris en charge. Je ne peux exprimer la joie et l’émotion que j’ai ressenties en voyant pour la première fois mon bébé. Il était si beau, c’était magique. Mon mari (qui m’avait rejoint en voiture) et moi étions si émus, si heureux. On l’a posé sur moi quelques secondes puis il a fallu l’emmener.

On lui a posé une perfusion qui permettait à son coeur de fonctionner comme dans le placenta. C’était dur de ne pas avoir mon bébé avec moi à la maternité. J’avais l’impression d’être une mauvaise mère car c’est d’autres qui s’occupaient de mon petit. Je n’avais pas trop le moral, mais dès que j’allais voir mon bébé (dans un autre bâtiment de l’hôpital), j’oubliais tout et j’étais la plus heureuse. J’ai même pu l’allaiter (avec la perfusion et les électrodes, c’était pas très pratique au début mais on apprend très vite, idem pour le bain...).

Les premiers jours de vie passés avec notre bébé, Mathéo, ont vraiment été intenses en joie, bonheur et émotions pour mon mari et moi. Je ne savais pas à l’époque si mon bébé allait vivre mais même s’il n’avait vécu que quelques jours ou minutes, cela en aurait valu la peine. Vous voulez connaître la fin de l’histoire ??? Le coeur de Mathéo se montrant résistant, il s’est fait opéré à 10 jours et 5 jours plus tard, nous étions de retour à la maison (ce n’était pas une opération à coeur ouvert). Les médecins nous ont dit à la sortie que tout n’était pas gagné, même s’il allait bien.

9 mois plus tard, nous habitons maintenant sur Lyon où Mathéo est suivi par un cardio pédiatre (que nous voyons tous les quelques mois). Il va très bien, il est très éveillé et adorable. Il commence à marcher à 4 pattes. Et pour les mamans qui se posent la question de l’allaitement, je l’ai allaité exclusivement jusqu’à 6 mois (en tirant mon lait pendant quelques mois pour alterner biberon et sein, car boire au sein lui demandait plus d’effort) et continue de le faire matin et soir (l’hospitalisation n’empêche pas l’allaitement, les services sont très ouverts aux parents).

Même si chaque histoire est différente et que les choses auraient pu se passer autrement, j’espère que ce message donnera de l’espoir aux parents qui vivent une situation similaire et aidera ceux qui s’interrogent sur l’éventualité de mettre fin à la grossesse. Je crois en Dieu. Je crois que c’est lui qui donne la vie et qui la reprend. Nous devons lui faire confiance. Notre foi nous a beaucoup aidé à rester sereins, à trouver de la paix et du réconfort dans l’épreuve. Nous avons beaucoup prié pour Mathéo et Dieu a été à nos côtés. Nous savons qu’il nous aime. Courage à tous ceux qui vivent ou vivront de tels évènements ! Anne-Claire, maman de Mathéo le plus beau des bébés (sans prétention ;))

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