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Blogs > Cela doit être ce qu’on appelle le "baby-blues paternel"
Que les maris décontenancés prennent leur mal en patience. Ils ont épousé une jeune femme cultivée, civilisée, à l’avenir prometteur. Face à eux, ils ont à présent une bébolâtre attendrie. Cela va durer quelques temps. Trois mois, au bas mot. Pendant lesquels elle vous accueillera tous les soirs avec le récit triomphal des rots et popos de Petitou. Vous dînerez en famille, avec le Babyphone posé sur la table. Et au moindre couinement, elle se précipitera comme une folle dans la chambre de bébé. Au téléphone, avec ses copines jeunes mamans, elle sera capable de disserter pendant des heures sur les mérites comparés de l’Oxyplastine et de l’Alloplastine dans la lutte contre l’érythème fessier du nourrisson.
Plus tard, elle ne rechignera pas à le promener toute la nuit dans son sac kangourou, "parce qu’il n’y a que comme cela qu’il s’endort" . Elle lui moulinera du potiron-carottes bio lavé épluché cuit vapeur par ses soins et lui amidonnera amoureusement le col de ses bodies. Alors que vous n’avez jamais réussi à obtenir qu’elle décroche de la Mousline ou qu’elle vous repasse vos chemises. Cette irrésistible impression d’être mis au placard, de compter pour du beurre dans le nouveau schéma familial, cela doit être cela que l’on appelle le "baby-blues paternel" dont on parle depuis peu dans les magazines féminins.




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