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Blogs > Bienvenue au club
Le petit monde de nos amis se divise en deux. Il y a d’un côté, les jeunes parents comme nous. Et puis les autres. Comment expliquer à la copine Martine que, non, vraiment non, je ne peux pas l’accompagner faire du shopping cet après-midi... parce que Justin dort et j’ai encore trois machines de barboteuses et de bavettes à pendre ? Comment dire à nos copains nullipares et insouciants que nous, nos soirées nous ne les improvisons pas ? Même si, d’aventure, nous planifions une petite sortie-ciné, c’est pour rentrer à minuit. Histoire de reconduire la baby-sitter chez elle. Rabat-joie ? Sans doute. D’autant plus que, pour ma part, je ne profite nullement du film. Toute à mon angoisse que cette empotée de dix-neuf printemps ne sache comment réagir si Babychou venait à pleurer... Je suis sûre que s’il y a un film avec Harrison Ford à la télé, elle fera mine de ne rien entendre.
Et puis il y a ceux qui connaissent en même temps que nous les joies des nuits blanches, des petits rototos, et des premiers vaccins. Ce brave Lucien, qui vient de troquer sa moto d’aventurier casse-cou contre un break familial. La belle Catherine qui, par FIV (fécondation in vitro) vient d’accoucher à 42 ans d’une paire de jumeaux adorables et a agrandi sa maison pour leur aménager une salle de jeux.
Eux, ils savent. Que le dimanche après-midi c’est square, square, ou square. Qu’il n’est pas question de fumer dans la salle de séjour. Qu’on ne s’approche pas d’un berceau avec la goutte au nez. Et que Périclès n’est pas seulement le nom du général athénien qui a lutté contre les Perses et les Spartiates en l’an 445 avant Jésus-Christ. Mais aussi une marque de landaus de luxe dont la nacelle peut s’ôter pour attacher bébé à l’arrière de la voiture lorsque l’on part rendre visite à belle-mamy.
Ils ont beau coûter un demi-mois de salaire (net), ces landaus ne sont pas nécessairement faciles à manipuler, soit dit en passant. Avec les voitures qui, dans notre quartier, ont la funeste habitude de se garer sur le trottoir, il faut se livrer à de solides parties de gymkana. Et le métro ! Oserais-je un jour descendre l’escalator en tenant bloquées les roues de la poussette ? Rien qu’en y pensant, je frémis.



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Une question : que devient le petit Thomas dans tout ça ? plus de nouvelle...