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Blogs > Chérie, encore ta mère au téléphone
Les gens sont formidables. Au vu de mon ventre rond, personne ne se prive d’y aller de son petit avis précieux. En commençant bien sûr par ma mère. Qui téléphone tous les matins : "Fais attention aux crudités ma chérie. Une seule salade mal lavée peut te transmettre la TOXOPLASMOSE (elle l’a lu dans Laurence Pernoud). Et ne mange que de la viande bien cuite. Surtout l’agneau. Fais attention au fromage de chèvre. Tu te nourris bien, j’espère ? Tu n’as pas trop de boulot ? Tu te reposes suffisamment ? Ah, je plains les jeunes femmes d’aujourd’hui, vraiment. Enceinte de trois mois et continuer à travailler, ce n’est pas une vie. De mon temps, les femmes qui attendaient un bébé prenaient le temps de se reposer..."
O.K. Maman. Mais comment Bertrand et moi paierions-nous les traites de la maison et de la voiture avec un seul salaire ? Sans oublier les petites vacances à la mer, indispensables pour nous requinquer ? Et puis, qu’est-ce que je ferais, toute la journée, prostrée devant la télévision, à me caresser douillettement le ventre ? Je confectionnerais le trousseau de bébé ? Je ne sais pas tricoter et ils font de si jolies barboteuses chez H & M.
Autre temps, autre moeurs. Ma grand-mère, quant à elle, a connu huit accouchements vaillamment endurés alors que la péridurale n’existait pas. Mes VISITES MENSUELLES chez le gynéco l’étonnent : "Qu’est-ce qu’ils ont, tous ces médecins, à considérer les femmes enceintes comme des malades ? De mon temps, on ne faisait pas tant d’histoires. Et on accouchait chez soi, avec une sage-femme et le médecin de campagne. Un peu de chloroforme, et le tour était joué". Oui, mamie. Mais ce qui la tarabuste le plus, cette pauvre mamie, c’est la procréation assistée. Imaginer qu’un enfant puisse être conçu dans une éprouvette la plonge dans un abîme de perplexité.
Julie




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