Des décès maternels toujours trop nombreux
De 50 à 97 décès maternels ont lieu chaque année en France alors que la moitié pourrait être évitée. Selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, ces décès surviennent durant la grossesse, lors de l’accouchement ou durant les six semaines suivant la naissance.
Ainsi, pour 100.000 naissances vivantes, le taux de mortalité maternelle est passé de 11,2 (1990-1994) à 7,5 (2000-2002). Malgré ce repli, la France reste « mal située » en Europe. En effet, le taux de mortalité maternelle était inférieur à 5 en Espagne, Autriche, Allemagne et Norvège et situé entre 5 et 6 dans d’autres pays européens (Portugal, Irlande, Finlande), entre 2000 et 2002, selon des données de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Selon les chercheurs, les hémorragies sont la première cause (21%) de décès maternels, suivies des complications de l’hypertension artérielle (12%). Le risque augmente avec l’âge des femmes enceintes : il est huit fois plus élevé à 40 ans qu’à 20-24 ans. Il varie aussi selon la nationalité, avec un taux deux fois plus élevé parmi les femmes non européennes. De même, la pratique de la césarienne, qui devient plus fréquente (20% des naissances actuellement), entraîne un risque accru de mort maternelle après accouchement : il est multiplié par 3,5 par rapport à une naissance par les voies naturelles.
Plus de la moitié de ces décès de causes obstétricales directes sont considérés « évitables ». Par ailleurs, 29% des décès de causes obstétricales indirectes (accidents cardiovasculaires notamment) seraient également « évitables ».
En France, parmi les cent objectifs de la loi de Santé publique (votée en août 2004), on compte celui visant à ramener la mortalité maternelle à 5 décès pour 100.000 naissances vivantes.
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