La prise d’alcool altère les neurones des fœtus !
Des chercheurs de l’Université Libre de Bruxelles (ULB) et de l’Université de Mons-Hainaut (UMH), en Belgique, ont découvert l’origine du syndrome de l’alcoolisme fœtal. Ils viennent en effet de démontrer que l’origine des altérations du fonctionnement cérébral dans le syndrome de l’alcoolisme fœtal provient d’une anomalie des neurones causée par la prise d’alcool, et non de la mort précoce d’un grand nombre de ceux-ci.
La prise d’alcool chez une maman enceinte et alcoolique entraîne la mort d’environ 25% des neurones chez le fœtus. Longtemps, on a cru que les déficits des capacités d’apprentissage observés chez l’enfant étaient dus à la mort prématurée de ces neurones. Mais ce sont en réalité les altérations moléculaires dans ces neurones créées par l’imprégnation alcoolique qui provoquent ce déficit, d’après le docteur Serge Schiffmann (du Laboratoire de neurophysiologie de la Faculté de médecine de l’ULB) qui a mené cette recherche.
« Cette perspective ouvre des voies thérapeutiques nouvelles », selon lui. Le syndrome de l’alcoolisme fœtal constitue en effet la première cause de retard mental identifiée (1 enfant sur 500). Ce retard mental peut s’avérer plus ou moins important et, dans certains cas, il peut s’exprimer par des troubles de la coordination motrice. « En Belgique, 180 cas seraient diagnostiqués chaque année », estime le docteur Guy Cheron (de l’Institut des sciences de la motricité à l’ULB et du Laboratoire de neurophysiologie à l’UMH). "C’est aujourd’hui un problème de santé publique majeur », précise-t-il.
Les résultats de cette recherche ont été publiés ce mardi 5 juin dans PNAS, la publication de l’Académie des sciences des USA.
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