Les infirmières et le médecin bulgares échappent à la mort
La condamnation à mort des cinq infirmières bulgares et du médecin palestinien naturalisé bulgare depuis peu (la Bulgarie a accordé en juin la nationalité bulgare à Achraf Joumaa Hajouj) vient d’être commuée en peine de prison à perpétuité, a annoncé le Haut Conseil judiciaire libyen.
Les autorités bulgares ont aussitôt annoncé qu’elles demanderaient à la Libye le transfert de ses ressortissants détenus depuis février 1999 à Tripoli. Sofia et Tripoli sont en effet liées par un accord d’extradition datant de 1984. "La décision du Conseil supérieur des instances judiciaires libyennes est un grand pas dans la bonne direction, mais pour nous l’affaire ne sera close que quand nos compatriotes rentreront en Bulgarie", a souligné le chef de la diplomatie bulgare Ivaïlo Kalfine.
Les cinq infirmières et le médecin bulgares avaient été arrêtés par les autorités libyennes en 1999 dans le cadre d’une enquête sur la propagation du virus du sida dans un hôpital pour enfants de Benghazi. Chejana Dimitrova, Nasya Nenova, Valentina Siropoulo, Christiana Valcheva et Valia Tcherveniachka et le médecin Achraf Alhajouj étaient accusés d’avoir inoculé le virus du sida à 438 enfants de Benghazi dont 56 ont trouvé la mort.
Les six accusés ont constamment rejetés les accusations portées à leur encontre. Ceux-ci ont même affirmés que leurs aveux avaient été arrachés sous la torture. Par ailleurs, plusieurs scientifiques de renom avaient signalé aux autorités libyennes que l’épidémie avait commencé un an avant l’arrivée des praticiens à Benghazi.
Un tribunal libyen avait condamné à mort les six accusés. La peine avait été confirmée en appel par la Cour suprême le 11 juillet dernier avant d’être commuée ce mardi soir par le Haut Conseil judiciaire. La plus haute instance judiciaire de Libye a justifié son arrêt par "un accord de conciliation conclu avec les familles des victimes", comprenant notamment des compensations financières. Entre outre, les accusés avaient déposé une « demande de pardon et de clémence » et s’étaient engagés à ne pas poursuivre Tripoli à l’avenir pour leurs années de détention en Libye.
Un porte-parole des familles de victimes avait annoncé un peu plus tôt dans la soirée que les familles des enfants infectés par le VIH à l’hôpital de Benghazi avaient reçu chacune un million de dollars afin de renoncer aux poursuites. "Toutes les familles ont reçu les indemnités. Elles signent maintenant des documents affirmant qu’elles les ont reçues et qu’elles acceptent que le Haut conseil judiciaire prenne la décision qu’il jugera appropriée quant aux six personnes", avait déclaré à Reuters Idriss Lagha, le porte-parole des familles.
Après huit ans d’incarcération, les infirmières et le médecin bulgares dont l’état physique et psychologique est jugé préoccupant espèrent désormais une extradition vers la Bulgarie. Le parquet général de Sofia a annoncé qu’il formulerait dès ce mercredi une demande d’extradition des infirmières et du médecin bulgares. Par ailleurs, leur avocat, Maître Traïan Markovski, a estimé que "la présidence bulgare aurait le pouvoir de gracier" les condamnés une fois ceux-ci rentrés au Pays.
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