Myriam : "J’ai ressenti que ce bébé n’était pas le mien"
J’ai mal vécu mon accouchement.
J’ai accouché le 11 juin d’un magnifique petit garçon prénommé Théo. Ma grossesse s’est très bien passée, à part le mal des transports au début de la grossesse. Il ne me restait plus qu’un mois avant d’accoucher, quand brusquement j’ai perdu les eaux sans sentir la moindre contraction. Mon compagnon étant pompier, je suis parti en ambulance à la maternité. Une fois sur place, j’ai été examinée. Je n’avais toujours pas de contractions, le bébé était haut et le col n’était pas dilaté. La panique a commencé à me gagner, je trouvais que c’était trop tôt et j’avais peur pour le bébé.
Ils m’ont gardé à la maternité, ils ont laissé passer 24h sans rien faire en attendant que les contractions viennent d’elles-mêmes. Mais rien. Voyant cela, ils ont décidé de les déclencher. On m’envoie en salle de travail, on me met sous monitoring et on m’injecte le produit déclenchant le travail. Les contractions viennent tout doucement de plus en plus fortes. Comme je les gérais bien, je n’ai pas pris de péridurale. En m’examinant toutes les deux heures, ils se sont aperçu que le col ne se dilatait pas. Au bout de six heures, je n’étais toujours qu’à un doigt. C’était trop long. Ils avaient peur que le bébé souffre et que je ne tienne pas le coup plus longtemps.
Comme j’avais perdu les eaux, ils ne pouvaient pas attendre plus longtemps pour le faire sortir. Ils ont donc prévu une césarienne d’urgence. Je me suis mise à pleurer car tout allait trop vite. J’étais perdue, je ne contrôlais plus rien. Ils m’ont rasée, emmenée au bloc pour me faire une rachi. Ils m’ont allongée sur la table, m’ont préparée ; le chirurgien est arrivé et quand il a commencé à m’ouvrir, ce fut horrible : je sentais tout ce qu’il faisait. Ils m’ont alors shootée avec un masque. J’étais consciente mais je n’étais plus moi-même, je ne savais plus qui j’étais, ce que je faisais là. Je me sentais partir, j’ai juste entendu un bébé pleuré sans me rendre compte que c’était le mien. Ils me l’ont présenté mais j’étais tellement dans les choux que je ne l’ai pas vu.
Ils l’ont emmené en haut pour qu’il soit avec son père pendant qu’ils finissaient avec moi. Je me suis retrouvée en salle de réveil pendant deux heures. On m’a ramenée dans ma chambre où mon compagnon m’attendait avec notre fils, ils l’ont posé sur moi, et je me suis sentie bizarre… Je me disais que ce n’était pas possible, que ce bébé n’était pas le mien ; je ne l’avais pas vu naitre. J’ai fais signe que tout allait bien et je continue aujourd’hui de faire comme si tout allait bien… N’allez pas croire que j’ai rejeté mon fils et que je ne l’aime pas, car je ferais n’importe quoi pour lui… Je l’aime de toutes mes forces, mais il me manque quelque chose, comme un vide… C’est de ne pas l’avoir vu naitre et de ne rien avoir contrôlé. Je sais pourtant qu’ils ont fait ce qu’il fallait pour mon bébé, que c’était pour son bien.
Myriam
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