Pas de webcams dans les crèches belges
En Belgique, la Commission de la vie privée a remis un avis négatif quant à l’installation de webcams dans les crèches.Tout débute au mois de janvier dernier lorsque la directrice d’une maison d’enfants de Braine-l’Alleud (Brabant wallon, Belgique) créé la polémique : elle annonce vouloir installer des webcams afin de permettre aux parents d’observer leur progéniture une demi-heure par jour, qu’ils soient chez eux ou au travail.
Face au tollé généré, les experts belges se réunissent. Aujourd’hui, la Commission de la vie privée a remis un avis négatif quant à l’installation de webcams dans les crèches.
La Commission justifie sa décision par un argument clair : si ces caméras permettront aux parents d’avoir accès aux images de leur enfant, elles leur donneront également l’occasion de voir celles des autres enfants, des membres du personnel et de tiers présents occasionnellement. Il pourrait donc y avoir un manque de garanties relatives à l’utilisation de ces images.
De plus, la loi sur la protection de la vie privée exige le consentement des personnes au traitement de ces images. Or, confrontés à un manque cruel de place dans les crèches, les parents qui veulent avant tout que leur enfant soit accueilli pourraient être forcés à accepter les caméras. Même hypothèse pour les employés : pour ne pas être écarté d’un emploi, les membres du personnel seraient contraints de s’habituer aux webcams.
La ministre de l’Enfance de la Communauté française, Catherine Fonck, s’est réjouie de cet avis de la Commission qui, dit-elle, rejoint celui qu’elle et les professionnels de l’enfance avaient développé.
Ailleurs, les « cyber-crèches » existent déjà, notamment aux Etats-Unis, en Angleterre ou même en France (Issy-les-Moulineaux). Sur le web, on retrouve des sites qui référencent les webcams partout dans le monde, exposant des bébés au regard de parfaits inconnus. Le but premier de ces équipements high-tech ? Satisfaire le désir de certains parents d’être omniprésents dans la vie de leur enfant. Mais cette intrusion dans le monde social des bambins (salutairement différent du cocon familial) pourrait gêner les enfants dans leur apprentissage. Quant aux employés sous surveillance, il y a fort à parier que, se sachant filmer, ils modifient fortement leur comportement.
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