Si maman boit, c’est bébé qui trinque
La France, en général, ne semble pas prête d’admettre, comme dans le sketch de Bourvil, que « l’alcool tue mais l’eau ferrugineuse non ».
Les sénateurs, particulièrement ceux qui sont élus dans les départements viticoles ou producteurs de spiritueux divers, se sont opposés avec force, à l’avis du corps médical. Ce dernier vient en effet de décider que désormais, sur toutes les étiquettes de bouteilles, à l’adresse des femmes enceintes, il sera stipulé que l’alcool constitue un dangereux toxique pour leurs enfants à naître.
Selon le professeur Damien Subtil, obstétricien au CHRU de Lille, « il est devenu urgent de mettre l’alcool au rang des substances les plus toxiques ; il provoque des malformations cranio-faciales, cardiaques, oculaires, cérébrales, avec un retard mental associé dans les formes les plus graves ». De surcroît, affirme-t-il, « pour une dose d’alcool, l’alcoolémie du foetus peut être supérieure à celle de sa mère et surtout durer plus longtemps ».
En clair, si maman boit, bébé trinquera. Ces avertissements devraient, d’après la Faculté, figurer en bonne et due forme sur les bouteilles de vin. À cette seule évocation, les députés et sénateurs, en majorité UMP, regroupés au sein de l’Association nationale des élus de la vigne et du vin, poussent des hauts cris. La palme revient au radical Gérard Delfau, héraut des petits cépages de l’Hérault : « Il y en a qui parlent d’alcool et nous parlons de vin ».
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