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Blogs > "Trois centimètres" déclare le gynéco
J’ai été une petite fille sage, une jeune fille bien élevée et je suis à présent une jeune femme bien sous tous rapports. Mais lorsque je déboule à 4 heures du matin à la maternité, la main sur le ventre, et que l’on me fait signer mes papiers d’admission et que l’on me demande mon numéro d’immatriculation à la sécurité sociale, je manque d’exploser. Comme a explosé, il y a quelques heures, ce petit bouchon qui assurait l’étanchéité de la bulle aquatique dans laquelle baignait Petitette depuis 9 mois.
J’emboîte le pas à une infirmière peu amène qui me conduit illico à la salle de travail. Je m’installe sur un matelas bien dur, la sage-femme surélève mes oreillers et me voilà à attendre, une pile de magazines sous la main, que mon col s’efface progressivement et que le passage pour Polichinelle se fasse plus large et plus accessible... Toutes les heures, une infirmière vient mesurer l’ouverture du col. Bertrand est à mes côtés et, à la vérité, il s’ennuie un peu. Comme seule distraction, nous avons le monitoring, qui permet de mesurer l’intensité de mes contractions et de surveiller le rythme cardiaque du bébé.
Puis tout s’accélère. Les contractions se rapprochent et se font plus douloureuses. Beaucoup plus douloureuses. Je tâche de mettre en pratique mes cours de respiration suivis avec assiduité chez ma sage-femme pendant les 8 séances. J’ai du mal. La respiration tourne à l’halètement. C’est quand qu’on me la fait, cette fichue péridurale ? "Trois centimètres" déclare le gynéco. Qui pousse mon lit roulant vers la salle d’accouchement...
Julie




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