« Baptême de l’air » précoce
Cela aurait presque été un conte de Noël. Dans la nuit de la saint Sylvestre, quelque part au-dessus de l’Éthiopie, une jeune Mahoraise de 25 ans a accouché seule, dans les toilettes d’un Boeing 777 d’Air Austral. Prise en charge par l’équipage, un médecin et une infirmière qui se trouvaient à bord, la maman et le bébé prénommé Elfayed se portent bien. Ils ont été placés en observation au service de maternité du CHD de Bellepierre. En plus de vingt ans de carrière, Jean-Christophe Durieux, commandant de bord à Air Austral, reconnaissait n’avoir jamais été confronté en vol à une telle situation et, cerise sur le gâteau, au cours de la nuit du nouvel an. La jeune Mahoraise a semble-t-il dissimulé son état, sinon elle n’aurait pas pu franchir la barrière de l’enregistrement à Lyon Satolas. Elle a reconnu a posteriori que son accouchement était prévu aux alentours du 4 janvier. Pourtant, en matière de voyage de femme enceinte, la réglementation des compagnies aériennes est draconienne. Au-delà de sept mois elles ne peuvent prendre l’avion et doivent de toute façon produire un certificat médical attestant qu’elles peuvent voyager sans risque. De quelle nationalité sera le bébé ? En tout cas, ce ne sera pas un petit Éthiopien ! Il semble que perdure une règle datant de l’époque des paquebots français qui voulait qu’un enfant né d’une mère française à bord soit déclaré dans le premier arrondissement de Paris.