Bonjour,
Mon pari Patrice et moi avons donné naissance à une adorable petite fille le 16 août 2001. La grossesse s'était déroulée à merveille : pas de nausées, aucun trouble, une prise de poids très raisonnable, bref, tout allait pour le mieux. La naissance était prévue pour le 22 août, mais dès le 14, j'ai eu l'impression que la poche des eaux était fissurée. Je suis donc allée consulter les sages-femmes de la clinique où je devais accoucher. La poche des eaux n'était pas fissurée, mais on m'a tout de même fait un monitoring de contrôle. Lors d'une très légère contraction totalement indolore, le rythme cardiaque du bébé a fortement chuté. On m'a demandé de revenir le lendemain, où rien d'anormal ne s'est produit. Je suis revenue le surlendemain (le 16), et là, rebelote : une minuscule contraction a fait chuter le rythme cardiaque du bébé. Coup de fil au médecin, qui décide de me garder pour déclencher l'accouchement le jour même. Moi qui voulait réveiller Patrice en pleine nuit et lui dire " chéri, je crois que c'est le moment de partir à la clinique ! ", j'étais extrêmement déçue… A 14 heures, on m'a posé la perfusion pour déclencher le travail. Six heures plus tard, je n'étais qu'à 1 cm de dilatation, et le cœur du bébé s'était ralenti par trois fois. Le médecin m'explique alors que pour arriver à 10 cm, il faudrait des heures et des heures de contraction violentes, que le bébé ne supporterait jamais. Le verdict est alors tombé : césarienne ! J'étais effondrée, totalement effondrée. Moi qui rêvait de l'accouchement depuis 9 mois… J'ai tenté de discuter avec le médecin, mais il m'a fait revenir à la raison.
Je suis partie au bloc, sans mon mari, à 20 heures 15. Une demi heure plus tard, Noémie était née. Les médecins ont alors compris pourquoi elle souffrait : elle avait le cordon bien serré autour du cou (circulaire serré), et chaque contraction qui la poussait vers le bas comprimait le cordon et la faisait manquer d'oxygène. Sans surveillance médicale, elle aurait pu mourir ou naître handicapée…
Quand j'ai entendu crier ma fille, j'ai tout de suite demandé à la voir. Mais les médecins étaient réticents, car elle était couverte de sang (le mien, bien sûr !). J'ai tout de même pu la voir près de mon épaule quelques secondes, ce qui est largement insuffisant pour bien profiter de cet instant magique et unique… En plus, mon mari n'était pas là pour le partager. Heureusement, la suite a été assez vite : je suis sortie du bloc et suis montée directement dans ma chambre où mon mari m'attendait avec mon bébé. Nous avons pu faire plus ample connaissance tous les trois.
Les jours qui ont suivi ont été très difficiles. Je ne me sentais pas réellement mère, puisque j'avais été privée de l'accouchement. Le bébé était là, mais moi, je n'avais toujours pas accouché… C'était une sensation bizarre, et au début, j'en voulais à mon bébé de m'avoir fait subir cette épreuve.
Aujourd'hui, un mois et demi après la naissance, ma fille me comble de bonheur et je suis une maman très heureuse. Pourtant, je suis toujours " frustrée " de n'avoir pas accouché. Les médecins m'ont dit que je pourrai très bien accoucher par voie basse pour le prochain bébé, mais je sais que les risques de césariennes sont plus importants quand ont en a déjà eu une… Si d'autres mamans pouvaient m'apporter leur témoignage, je leur en serais très reconnaissante.