Voilà quelques semaines que je regarde sur ce site et je ne crois pas avoir déjà lu une histoire comme la mienne. Aujourd’hui je me lance dans son écriture afin de demander si d’autres mamans ont vécu une rupture utérine ; Comment a réagi leur entourage. De plus j’aimerais savoir si ces personnes ont eu un ou des enfants ensuite et comment s’est déroulée la grossesse suivante (arrêt de travail, hospitalisation, échographie, maternité niveau 3 ou pas etc…)
N’avez-vous jamais eu l’impression que le destin s’acharne sur vous ? Moi, si.
Notre aventure (ou plutôt notre mésaventure) a fini le 6 avril 2005 avec le décès de Romain du à une rupture utérine. Elle a débuté il y a 7 ans lorsque j’ai fais une grossesse extra-utérine. La trompe n’ayant pas éclaté le chirurgien me la laissée. Dès que nous avons eu le feu vert nous avons essayé de remettre un bébé en route mais en vain. Au bout d’un an nous sommes passé aux FIV (3 en 2 ans). Comme ça ne donnait rien on m’a retiré la trompe abîmée par la GEU. Miracle ! 3 mois après, je tombais enceinte naturellement alors qu’une nouvelle FIV était prévue. 1 mois après fausse couche et curetage. Il nous a fallu 3 mois pour mettre en route notre petite Solène âgée aujourd’hui de 2 ans ½. La grossesse a été longue et laborieuse physiquement (contractions et saignements dès le début) et psychologiquement. A 39 semaine ½ on me faisait une césarienne car la demoiselle était en siège.
La gynéco nous a dit d’attendre 1 an avant de remettre un bébé en route. Sagement nous avons attendu 1 an ½.en nous disant que bébé n’arriverait pas tout de suite. Au deuxième coup d’essai Romain était en route. Malgré des débuts difficiles, la suite de la grossesse c’est déroulée comme dans un rêve. J’ai travaillé jusqu’au bout ; toujours à droite et à gauche. Comble du bonheur on m’annonce un accouchement par les voies basses en me disant que si le petit gars n’arrive pas le jour J c’est la césarienne. Je fais donc la préparation à l’accouchement. La sage femme qui me fais les cours me raconte qu’il peut arrivé (1 %) qu’il y est rupture utérine, m’explique les signes annonciateurs et me dit que lorsqu’il y a eu une césarienne on n’est plus une femme comme les autres et qu’il faut être suivi dans un hôpital niveau 2 et non pas dans une clinique privée. Tout va bien c’est un CHU mais sur le moment je m’inquiète un peu et puis on se dit que ça ne peut pas nous arriver ; la grossesse c’est tellement bien déroulée. Le 5 avril vers minuit je perds les eaux. Nous déposons Solène chez ma mère et partons pour la maternité. Effectivement la poche s’est rompue, mais le col ne se dilate pas encore et les contractions sont irrégulières. La péridurale est posée. Je suis à 3. Les contractions se rapprochent, il est alors 11 h. A 16 h 30 je suis à 5 doigts mais j’ai aussi de fortes poussées. La sage femme va chercher la gynéco qui décide qu’on fait une césarienne à 17 h si le travail n’avance pas plus vite. Il est 16 h 45 quand je sens Romain se retourner, puis le monitoring fait apparaître que le cœur s’arrête. Vitesse grand V direction la salle d’op.
C’est 2 h plus tard que je me suis réveillée et que j’ai appris que notre petit bonhomme n’était plus. Je n’ai jamais vu mon mari dans un tel état. Il avait eu notre petit garçon 1 h dans les bras. Je ne mets pas en cause l’équipe médicale car je sais qu’ils ont fait ce qu’ils ont pu. Il n’y a pas eu de signes qui pouvaient faire penser à une rupture (pas de saignements, pas de douleur plus forte que la péridurale, pas de signes de souffrance fœtal). Les 8 médecins de l’hôpital ont revu mon dossier plusieurs fois. Ils m’ont expliqué qu’aucun n’avait été confronté à cette tragédie, que j’était 1 cas sur 1500 et que la cicatrice de la césarienne s’était rompue d’un coup : l’utérus ne s’est même pas déchiré.
Aujourd’hui je sors doucement d’une dépression, quant à mon mari il a recommencé à vivre comme si rien ne s’était passé 3 semaines après la disparition de Romain. Il n’en parle pas et m’a dit une fois « Je ne pense pas tout les jours à Romain». Mes beaux parents c’est pareil. Ils n’ont jamais vu leur petit-fils et pourtant ils ne m’ont jamais demandé de voir les photos alors je leurs est envoyé mais je n’ai pas eu de remerciements. Pire, lorsque j’en parle, ils changent de sujet et lorsque je pleur et que Solène veut leurs expliquer le pourquoi ils lui disent « CHUT ». J’ai l’impression qu’ils veulent enterrer une fois de plus mon petit ange ; qu’ils veulent le supprimer de nos souvenirs alors que j’ai envi de crier au monde entier que j’ai eu un beau petit garçon.