Les victimes d'avortements forcés commencent à parler...

Les victimes d'avortements forcés commencent à parler...

C'est l'histoire de Yang et Jin, un couple chinois qui ne s'est jamais remis d'un avortement forcé il y a de ça sept ans. En 1998, Jin Yani, 18 ans, fait la connaissance de Yang Zhongchen âgé de 30 ans. En 2000, Jin tombe enceinte. Le couple se marie quelques mois plus tard lorsque Jin a atteint l'âge légal (20ans) pour se marier. Dans une Chine qui pratique la politique de l'enfant unique, l'on doit obtenir une autorisation pour pouvoir avoir un enfant. Le couple ne disposait pas de ce document lorsque Jin est tombée enceinte quelques mois plus tôt...

Un mois avant la date prévue de l'accouchement, Yang a cherché à s'attirer les bonnes grâces de trois représentants des autorités à Anshan, la ville où vit le couple, à 300 kilomètres à l'est de Pékin, en leur offrant un bon repas. Ceux-ci se sont montrés amicaux et bien disposés à son égard, d'après Yang. Seulement, quelque temps plus tard, son épouse a été emmenée de force dans un planning familial où elle fut contrainte d'avorter.

"Plusieurs personnes m'ont tenue, ils ont arraché mes vêtements et le docteur m'a enfoncé une grande aiguille dans le ventre", a raconté Jin. "C'était très douloureux", a-t-elle encore ajouté. Son bébé a été tué par injection puis, a été extrait de son corps avec des forceps. Jin, qui ne peut plus avoir d'enfant, reste traumatisée par cette épreuve...

Le couple a fait le tour des administrations pour demander réparation, en vain. Ils ont décidé de poursuivre le planning familial. Mais les juges leur ont donné tort, affirmant qu'ils avaient conçu un enfant en dehors des liens du mariage. Le planning familial a affirmé pour sa part que Jin était consentante pour subir un avortement. Le couple a fait appel de la décision et réclame en justice 290.000 yuans (28.000 euros) en frais médicaux et un million de yuans (95.000 euros) pour leur souffrance morale. Ce n'est pas une question d'argent assure toutefois Yang. "Je veux un enfant et je veux que le tribunal reconnaisse notre souffrance", explique-t-il.

Ils sont de plus en plus nombreux comme Jin et Yang à oser en parler. Ils peuvent compter sur le soutien de militants et d'avocats, qui ont recensé des cas d'avortements forcés au 7e, 8e ou 9e mois de grossesse. L'un des avocats de Yang, Wang Chen, estime que l'issue aurait été différente si un pot-de-vin avait été versé. "Un dîner ne suffit pas, explique-t-il, rien ne peut se faire sans un pot-de-vin, c'est comme ça en Chine. Yang a été trop naïf".

En Chine, la loi interdit l'avortement forcé, mais pas l'avortement tardif. Selon Zhai Zhenwu, professeur de sociologie à Pékin, les avortements tardifs forcés, s'ils se produisent encore de façon sporadique, ont fortement baissé. Radio Free Asia a néanmoins rapporté cette année que des dizaines de femmes dans une petite ville de la province de Guangxi, dans le Sud de la Chine, ont été forcées d'interrompre leur grossesse... (source : yahoo.fr)

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