Les enfants face à la séparation parentale (II)

Une séparation n’a rien de simple ni pour vous ni pour l’enfant ; celui-ci a besoin d’être encore plus rassuré par ce changement dans sa vie.
Les enfants face à la séparation parentale (II)

L’évolution de l’adaptation de l’enfant à la séparation de ses parents

Un an après la séparation parentale, les réactions de l'enfant dépendent de la persistance ou non des conflits entre les parents et du rythme des contacts avec chacun d'eux. N'oublions pas que lorsque l'enfant est un enjeu entre ses parents, il soufre de leur opposition.

Cinq ans après la séparation, la situation familiale est en général stabilisée et la permanence de la séparation en général acceptée. La relation avec la mère est forte et la relation avec le père dépend du rythme et de la qualité des rencontres. Si celles-ci sont irrégulières et peu fréquentes, l'enfant ressent de la colère et de l'amertume envers son père. Si elles sont absentes, c'est un intense sentiment d'abandon qui est exprimé chez l'enfant, ce qui peut être source de troubles psychiques. Les relations avec le père ont une incidence sur l'image de soi de l'enfant et sur sa capacité à réussir son insertion sociale. L'enfant très jeune a besoin de relations régulières et rapprochées avec son père.

Nous pouvons heureusement constater qu'il y a une amélioration de l'adaptation de l'enfant face à la séparation de ses parents dans le temps.

Les effets de la séparation avec un de ses parents sur l'enfant

Dans la plupart des cas, l’enfant vit avec sa mère et va chez son père un week-end sur deux et la moitié des congés scolaires. La plus grande difficulté pour l’enfant est de gérer cette alternance. Il doit quitter l’un pour retrouver l’autre et ne peut plus vivre avec l’un et l’autre.

Certains réagissent fortement face à cette situation. Leurs réactions sont parfois interprétées comme un refus d’aller chez le père ou chez la mère alors qu’ils n’expriment que leur difficulté à se séparer sans cesse. L’adulte peut aider l’enfant en gérant mieux lui-même sa propre angoisse devant la séparation. Il est important de laisser l’enfant aller de l’un à l’autre, de respecter ses silences, de ne pas mettre au panier ce qu’il ramène de chez l’autre. Les critiques, les questions envahissantes et les inquiétudes exagérées blessent l’enfant qui perçoit le manque de confiance qu’elles traduisent. Lorsque la parole de l’un est contestée par l’autre, l’enfant perd confiance dans l’adulte et dans la valeur des mots. Il en découle une insécurité exprimée par les comportements agités de l’enfant.

Chaque fois que la parole est impossible ou porteuse de trop de souffrance, l’enfant exprime dans son corps ce qu’il ne peut verbaliser. Si un climat de confiance s’instaure entre ses parents, l’enfant se sent respecté et en sécurité avec chacun d’eux.

L’enfant de parents séparés est sans cesse confronté à des changements de son rythme de vie. Plus la différence entre le mode de vie du père et de la mère est grande, plus il lui faut de l’énergie et du temps pour s’adapter à chaque lieu, à chaque personne. Ce temps d’adaptation varie avec l’âge de l’enfant, son tempérament ainsi que son degré de fatigue.

Lorsqu’un changement intervient dans la vie d’un enfant, son adaptation dépend de la façon dont sa mère et/ou son père lui explique(nt) les conséquences sur sa vie quotidienne. L’attention accordée aux détails de sa vie quotidienne est interprétée par l’enfant comme une preuve que l’adulte fait attention à lui. Au-delà des paroles, l’enfant s’appuie souvent sur le comportement de ses parents pour déterminer le degré d’angoisse engendré par la nouvelle situation. Dès lors, des parents confiants dans les capacités d’adaptation de leur enfant lui communiquent leur sérénité.

En conclusion, soyons maître de nous, comportons nous en adultes responsables en agissant uniquement dans l’intérêt de l’enfant, qui, ne l’oublions pas, n’a rien demandé de tout cela !

Les interventions possibles

Lorsque la décision de la séparation est devenue irrévocable chez les parents, la médiation est une possibilité à envisager. Elle n’a absolument pas pour objectif la réconciliation des parents, mais plutôt de favoriser un climat de tolérance et de conciliation entre les conjoints afin qu’ils mettent, à l’avant-plan, le bien-être et l’intérêt de l’enfant au lieu de leurs conflits et problèmes personnels. Si la séparation peut se faire dans un esprit de “négociation compréhensive”, les enfants risquent moins d’être entraînés dans des querelles interminables, extrêmement néfastes pour eux.

La psychothérapie est une alternative à envisager pour certains enfants. Un certain nombre d’entre eux risquent, à la suite de la séparation, de présenter des difficultés comportementales et psychologiques soit parce que les conflits entre les parents perdurent soit parce que l’enfant lui-même a une personnalité plus vulnérable. Dans ce cas, l’enfant et la maman pourront bénéficier d’entrevues avec un psychologue, afin d’aider l’enfant à liquider les réactions et les affects négatifs suscités par la situation.

Carole Méan, Psychologue.

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