L'avortement légalisé à Mexico !


L'avortement légalisé à Mexico !

C'est un événement sans précédent au Mexique ! Les parlementaires de l'Assemblée législative de Mexico ont reconnu par 46 voix contre 19, ce mardi 24 avril, le droit à l'avortement jusqu'à la 12ème semaine de grossesse. Alors qu'ils examinaient la réforme du Code Pénal proposée par le Parti de la révolution démocratique (PRD) et le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), une centaine de manifestants appuyaient ou protestaient contre la mesure aux abords de l'hémicycle. Ce projet de loi qui ne concernait que la capitale soulevait depuis des semaines des débats fervents à l'échelle nationale.

Mgr Felipe Arizmendi, évêque du Chiapas, dans le sud du Mexique, avait qualifié d'« hitlériens » les auteurs du projet de loi, dont certains auraient été la cible de menaces de mort. Le Vatican était lui aussi intervenu dans la controverse en donnant son appui à la campagne anti-avortement. Des élus du Parti de la révolution démocratique (PRD), au pouvoir à Mexico, ont dénoncé cette « ingérence » du pape Benoît XVI dans la vie nationale. L'Église mexicaine avait en outre menacé d'excommunier les législateurs qui voteraient en faveur de la loi et réclamé la tenue d'un référendum sur l'avortement.

Les partisans de la légalisation de l'avortement affirmaient quant à eux que 2 000 femmes mouraient chaque année au Mexique au cours d'IVG pratiquées illégalement et bien souvent dans de piètres conditions d'hygiène. Selon une étude du Conseil national de la population, une Mexicaine sur cinq a avorté au moins une fois dans sa vie et 100.000 avortements illégaux sont pratiqués chaque année dans le pays. Par ailleurs, selon le parti de gauche Alternative social-démocrate, la pratique clandestine de l'IVG aurait tué pas moins de 1.500 femmes en dix ans. Le nouveau texte de loi a finalement été adopté après 7 heures de débat par le PRD et le PRI.

La réforme du code pénal permettra aux femmes qui le désirent d'avorter au cours des trois premiers mois de leur grossesse. En cas de danger pour la santé de la mère, de viol ou de malformation du fœtus (législation déjà en vigueur avant la réforme), l'avortement restera possible au-delà des douze premières semaines de gestation.