Femme enceinte stressée : petite fille en vue !

En étudiant les effets du stress sur les femmes enceintes, des chercheurs ont montré qu’il pouvait favoriser la naissance des petites filles.

Femme enceinte stressée : petite fille en vue !

Le stress très important a-t-il un effet sur la grossesse d’une femme ? Si oui, lequel ? C’est à ces questions qu’ont voulu répondre deux chercheurs, le Pr Florencia Torche et le Dr Karine Kleinhaus de la New York University. Il semblerait qu’un stress très fort vécu en début de grossesse favoriserait la naissance de petites filles.

Pour parvenir à cette conclusion, ces deux hommes et leurs équipes ont étudié tous les certificats de naissances des bébés nés au Chili entre 2004 et 2006. Pourquoi précisément ces bébés-là ? Parce que le 13 juin 2005 a eu lieu au Chili un terrible tremblement de terre, d’une magnitude de 7,9 sur l’échelle de Richter. Inutile de préciser que les femmes enceintes à ce moment-là ont subi un stress très important !

Plus de filles que de garçons

Les chercheurs ont pu tirer deux conclusions de leurs recherches. La première est qu’un gros stress en début de grossesse est un facteur de risque et favorise les naissances prématurées. « Les femmes vivant près de l'épicentre au début de leur grossesse (deuxième et troisième mois) ont présenté un risque plus élevé d'accouchement prématuré », expliquent-ils. Ils ont pu constater qu’une femme sur dix ayant vécu ce tremblement de terre a connu un accouchement prématuré alors qu’habituellement, 6 % des femmes enceintes sont concernées dans la population générale.

Autre enseignement plus surprenant, l’augmentation du nombre de naissances de filles par rapport à celui des garçons. « En temps normal, sur 100 naissances, nous enregistrons 51 garçons pour 49 filles », souligne Karine Kleinhaus. « Au cours de notre étude, les femmes ayant vécu le tremblement de terre en début de grossesse ont majoritairement donné naissance à des filles ». En effet, l'étude a enregistré 55 filles pour 45 garçons.

Les chercheurs n’avancent aucune explication à ce phénomène. Le sexe d’un bébé est déterminé dès le début de la grossesse et aucun événement ne pourrait le modifier. Mais le Pr Torche émet une hypothèse : « C’est comme si le stress de la maman affectait la viabilité du garçon ». En cas d’événement stressant, les fausses couches pourraient davantage concerner les garçons.