L'aspirine : peut-on en prendre lorsque l'on est enceinte?

Régulièrement, des études sont menées sur l'aspirine et ses bienfaits. Et si encore aujourd'hui elle est contre-indiquée dès le 6ème mois de grossesse, des études récentes soulignent des avantages pour les futures mamans. Qu'en est-il vraiment? 


L'aspirine : peut-on en prendre lorsque l'on est enceinte?

Les bienfaits de l'aspirine

Des études récentes ont trouvé de nouveaux bienfaits de l'aspirine chez les futures mamans. Ainsi elles ont montré que l'aspirine pouvait améliorer la fertilité : chez les femmes qui ont fait des fausses-couches à répétition notamment, et particulièrement chez celles qui ont des troubles de la coagulation pouvant empêcher la bonne perfusion foeto-placentaire, la prise d'aspirine à faible dose est recommandée en tout début de la grossesse, voire même juste avant.

Des chercheurs américains de l'Institut National de la Santé Infantile et du Développement Humain et de l'Université de l'Utah ont montré dans leur étude que l'aspirine pouvait en effet augmenter l'épaisseur de l'utérus en stimulant la circulation sanguine dans le bassin. Ainsi, il fournirait un environnement plus sûr pour la croissance de l'embryon. Pour obtenir de tels résultats, les scientifiques ont suivis environ 1230 femmes qui avaient déjà un précédent de fausse couche. Celles qui ont pris une petite quantité d'aspirine - environ 80mg- par jour pendant plusieurs semaines ont augmenté leur chances de grossesse de 17%, et celles de donner naissance à un enfant en bonne santé de 55%.

Mais ce n'est pas le seul atout de l'aspirine. Une autre étude américaine a ainsi démontré les bienfaits de l'aspirine dans la prévention des risques de pré-éclampsie qui est l'une des causes majeures de complication chez les femmes enceintes et leur bébé. En prenant encore une fois de l'aspirine à faible dose -environ 60mg par jour), le risque diminuerait de 24%. Les scientifiques émettent l'hypothèse que l'aspirine, en fluidifiant le sang, pourrait éviter de des caillots se forment dans l'organisme et éviterait donc l'hypertension artérielle et ses conséquences sur la viabilité foetale et maternelle.

Des bienfaits à relativiser

Cependant, il ne faut pas oublier que l'aspirine est contre-indiquée chez la femme enceinte dès le 6ème mois de grossesse. En effet, des études ont souligné les effets tératogènes (risques de malformation) de l'aspirine, et donc des risques de malformations foetales en cas de prise d'aspirine et d'autre AINS (Anti-Inflammatoire Non Stéroïdiens) et ce uniquement à partir du 6ème mois de grossesse. 

De fait, prendre de l'aspirine en traitement ponctuel, entre le 2ème et le 5ème mois de grossesse ne semble pas être dangereux. Ce qui est dangereux même à partir du 2ème mois, c'est de prendre des AINS en traitement au long cours. Aussi, si l'on a un doute, il vaut mieux demander l'avis de son médecin, car il pourra prescrire d'autres médicaments qui seront sans risques et qui pourront soulager les douleurs. 

Conseils

Les spécialistes ne recommandent pas de traiter les femmes sans antécédents particuliers, ni celles ayant une grossesse multiple ou une hypertension permanente. Surtout, il est important de bien respecter les contre-indications et d'arrêter le traitement dès le 6ème mois de grossesse. En fin de grossesse, l'aspirine augmente les risques de complications. Ne décidez jamais de vous-même de prendre de l'aspirine, ou un AINS ou tout autre médicament. Il vaut mieux en parler d'abord à votre médecin.

 

Photo : www.femmeactuelle.fr/