Récit du parcours d'une famille adoptive

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admina69541
Passionnée

(814 ans, WATERMAEL BOITSFORT • 74319 messages)

Brève description de notre famille Nous avons actuellement 34 et 36 ans, sommes employés dans le domaine financier et habitons à la campagne. Nous avons adopté deux enfants au Viêt-nam : un petit garçon en juin 1996 et une petite fille en août 1998. Nous avons entamé une nouvelle procédure d'adoption pour un troisième enfant en Chine, en juillet 2000, et il devrait arriver pour la fin 2001. Pourquoi avons-nous opté pour l 'adoption ? Nous nous sommes mariés en 1993 en vue de régulariser notre situation et avoir des enfants. Malheureusement, "dame nature " n'est pas toujours du même avis et, après quelques examens (plus ou moins pénibles), nous avons reçu le diagnostic suivant : impossibilité de procréer de manière naturelle et beaucoup de difficultés même avec recours à la fécondation in vitro. Bien sûr, chaque cas est différent et certains tenteront avec succès ou non la méthode in vitro. Pour nous, dès le départ, il était clair que si la nature ne nous permettait pas d'avoir un enfant "naturellement ", nous n'aurions pas recours à la méthode in-vitro et à l'acharnement thérapeutique. Il était bien clair, dans nos têtes, que l'adoption serait notre option, car notre plus grand désir était (et est encore) de fonder une famille nombreuse. Nous avons donc fait rapidement et sans souffrance (ce qui n'est pas le cas de tous les couples) le "deuil "de notre enfant biologique. Pour nous, il était clair qu'un enfant est un enfant, biologique ou adopté. Première démarche effectuée Nous avons contacté la communauté française par téléphone afin de recevoir la liste des organismes agréés (nous ne voulions pas tenter de passer par filière libre). Nous avons reçu par courrier une semaine plus tard (et oui il faut apprendre dès le début à être patient) la brochure éditée par la communauté française "l'adoption, l'autre aventure " qui relatait très brièvement l'adoption et communiquait la liste des organismes agréés. Comment avons-nous procédé ? Nous avons téléphoné à tous les organismes repris sur cette liste en leur demandant leurs conditions, les pays avec lesquels ils travaillaient, comment se passait la "sélection ", le coût d'une adoption chez eux, les délais d'attente, la possibilité d'avoir ou non un bébé… Après avoir noté les différents renseignements obtenus, nous avons envoyé une demande écrite aux organismes qui "avaient répondu "à nos questions de manière positive et qui nous semblaient sérieux. Nous avons choisi de rencontrer les organismes qui travaillaient avec les pays étrangers, vu que lors de nos demandes téléphoniques à l'ONE et aux CPAS, il n'était pas possible d'adopter un enfant belge à l'époque (plus ou moins sept ans d'attente) et nous ne désirions pas particulièrement un enfant "blanc ". Dans notre lettre, nous nous présentions brièvement, indiquions notre désir d'enfant et demandions un entretien d'information (N.B. : ce premier entretien informel est totalement gratuit : gratuité obligatoire par convention avec la communauté française) Les réponses des organismes ainsi contactés sont diverses mais prennent de toute façon entre une et deux semaines (et oui patience !): soit l'organisme envoie un premier questionnaire à renvoyer qui demande plus d'informations quant aux motivations, quant aux regards que porte le couple sur l'adoption…, soit il fixe directement un rendez-vous informel. De toute manière, après avoir renvoyé ces questionnaires, il faut compter une quinzaine de jours pour recevoir un rendez-vous et plus au moins un mois, pour les organismes qui ne demandent pas de questionnaires(et oui madame patience est toujours avec vous !) Comment se déroule un rendez-vous informel ? Nous sommes allés à six rendez-vous informels, les réponses aux questions posées sont très différentes et cela même pour un pays identique. Il faut donc être vigilant et poser et reposer les questions de manières différentes afin de se faire une idée "exacte " de la compétence de la personne qui vous reçoit. Certains rendez-vous sont plutôt expéditifs : ¼ h maximum, vous êtes les parents parfaits, il est certain que vous serez acceptés par l'organisme et la personne voudrait vous dire : " qu'attendez-vous pour signer le contrat ? " D'autres personnes ont tendance à répondre à vos questions, mais n'abordent pas d'autres sujets, d'autres encore vous dépeignent les aspects positifs mais aussi les difficultés que vous pouvez rencontrer lors d'une adoption dans un pays étranger. En effet, il ne faut jamais perdre de vue (et c'est très dur parfois) que nous nous adressons à un pays du tiers monde, avec ses difficultés, ses lois, ses coutumes et que si tout se passait très bien là-bas et sans embûches, ils n'auraient pas besoin de recourir à l'adoption internationale. Méfiez-vous aussi des organismes qui "vous garantissent " un bébé de quelques jours, blanc, qui vous ressemble …Nous connaissons plusieurs couples qui y ont cru et ont versé plus d'un million à l'organisme, attendu cinq ans, avant de se voir attribué un enfant "noir " de 18 mois ! Vous pouvez toujours prendre contact avec l'aide à la jeunesse de la communauté française (02/413.27.26) qui pourra vous renseigner sur les éventuels procès ou réclamations envers les organismes agréés. Comment avons-nous choisi notre association ? Après ces entretiens, nous avons réfléchi et réfléchi encore : quel enfant désirons-nous ? Quelle tranche d'âge sommes-nous prêts à accepter, avec quels pays d'origine nous sentons-nous le plus à l'aise ? Sommes-nous prêts à avoir un enfant de couleur ou en serons-nous mal à l'aise ? Certains parents adoptifs accordent aussi de l'importance au "qu'en-dira-t-on ", à la réaction des voisins ou villageois ; et nos parents, notre famille, nos amis, comment vont-ils réagir, comment leur en parler ? Nous ne nous sommes pas préoccupés de ces choses là (chacun ses idées) car pour nous cet enfant était déjà totalement assimilé à un enfant biologique dans nos têtes et demandons-nous à nos parents, amis ou voisins s'ils sont d'accord que nous ayons un enfant biologique : oui ou non ? Nous nous sommes donc penchés sur le désir réel de notre enfant, nous sommes un couple jeune (nous avions moins de trente ans - il paraît que c'est très jeune pour adopter) et notre vœu le plus cher était d'avoir un bébé. Nous étions plus attirés vers un pays asiatique (question de feeling) et nous avons choisi de continuer notre demande d'adoption avec l'association qui remplissait ces critères mais aussi celle avec laquelle nous étions le plus à l'aise et qui nous paraissait sérieuse. Il est très important de lire très attentivement le contrat que l'on vous fait signer (certains demandent des sommes invraisemblables qui ne seront que très partiellement restituées en cas de non-acceptation, d'autres ne restitueront rien si le pays choisi ferme brusquement ses frontières en cours de procédure…) Nous avons également demandé aux associations des coordonnées de parents ayant déjà adoptés par leur intermédiaire, certaines associations sont très discrètes et ne donnent pas volontiers les coordonnées de "ses parents-adoptants ". Toutefois, nous avons pu téléphoner et rencontrer divers parents adoptifs et ils nous ont renseigné un maximum ; il y a une très grande solidarité entre les parents ayant adoptés et les futurs parents adoptifs (et même entre parents adoptifs). La sélection L'étape où les futurs parents stressent un maximum puisque c'est là que l'association va décider si notre couple est prêt et apte à adopter un enfant ou non. Plusieurs entretiens psychologiques (seul et à deux) sont alors réalisés. Ils ne sont pas faciles à accepter car on entre dans notre vie privée (actuelle et passée), dans notre vie de couple, dans notre intimité profonde. Nous avons également dû passer une visite chez un médecin avec prise de sang (tests sida, hépatite, alcoolisme, drogue). Après ces entretiens, l'assistante sociale s'est rendue à notre domicile : visite sommaire de notre maison, il ne faut pas nécessairement une chambre par enfant, que le ménage soit rangé et que tout soit parfait, il faut juste de la place pour accueillir cet enfant. Entre les divers rendez-vous, nous avons encore eu droit à répondre à divers questionnaires (ceux-ci sont parfois très psychologiques, entrent également dans notre vie professionnelle et ils ne sont pas toujours évidents à compléter, le mieux est de répondre la vérité !). Après la transmission des différents rapports et l'analyse des réponses de nos questionnaires, le "verdict " est rendu : aptes ou non. Là encore, ne vous découragez pas, si l'association vous dit qu'elle rendra sa réponse tel jour et que le jour annoncé, elle ne peut pas vous la fournir, ce n'est pas nécessairement parce qu'elle hésite sur votre cas, ou que d'autres couples "ont donné des pots de vin " pour passer avant vous, mais c'est plus que probablement dû à des problèmes au sein même de l'association : par exemple certains couples sont peut-être bloqués en Chine et il faut obligatoirement solutionner la situation, ou un enfant attribué à des parents, mais toujours dans son pays d'origine a des ennuis de santé et l'association essaye de le faire rapatrier au plus vite…donc, en fait des choses urgentes à régler par les professionnels de votre association et qui n'ont pas permis à l'équipe pluridisciplinaire de prendre la décision pour vous et d'autres couples. C'est une situation très dure à vivre (nous l'avons vécue à plusieurs reprises) mais il faut une fois de plus faire confiance à l'organisme et à la manière de gérer les problèmes les plus urgents. C'est une des raisons pour laquelle il est très important au départ de choisir une association avec laquelle on est à l'aise et en qui en a confiance. Et puis un jour, le verdict a été rendu, nous étions aptes à adopter. Si ce n'était pas le cas, il faut réclamer un entretien explicatif avec l'association et discuter des raisons pour lesquelles vous n'avez pas l'obtention pour l'adoption. Eventuellement, tournez-vous vers un autre organisme si les raisons invoquées ne vous paraissent pas réelles. Comment "choisir "le pays et le type d'enfant à adopter ? Maintenant, c'est le moment où le choix du pays et du type l'enfant à adopter est à décider définitivement. Nous avons posé un maximum de questions : âge probable de l'enfant, état de santé probable, délai, démarches à suivre, coutumes du pays. L'association répond à nos questions le plus sincèrement possible, mais elle ne se trouve pas dans le pays d'origine (où souvent des changements de procédure ont lieu). Ainsi, pour nous un bébé est un enfant de moins d'un an (nous aurions aimé le plus jeune possible, 6 mois maximum), mais pour certains pays, un bébé est un enfant de 0 à 2 ans (ex : Chine, Viêt-nam) et même parfois de 0 à 4 ans. Nous avons fait confiance aux professionnels de notre organisme qui connaissent la situation actuelle et avons suivi leurs conseils. Parfois, certains pays admettent des écarts d'âge plus rapprochés, mais dans la réalité ils sont très rarement respectés. N'oubliez pas de signaler si vous acceptez ou non une fratrie (attention, en Colombie, il est souvent arrivé que la fratrie n'avait en réalité aucun lien de sang, mais le pays avait ainsi placé deux enfants en adoption au lieu d'un seul). Le délai d'attente entre l'envoi du dossier et l'attribution de l'enfant est très important. Il ne faut pas vous cacher que c'est la période la plus dure, car le dossier est parti, nous sommes sans nouvelles, l'association aussi le plus souvent et nous devons tous attendre : selon les choix effectués cette attente dure entre quelques mois (ex : au Viêt-nam en 1996, nous avons attendu 3 mois la première fois, huit mois en 1998 pour la seconde adoption )mais les délais actuels pour la Thaïlande ou la Colombie sont de plus ou moins deux ans. Il est également important de savoir si les parents doivent se rendre à deux ou si un seul suffit ou si les parents ne doivent pas aller dans le pays d'origine. La période pendant laquelle ils devront se rendre sur place n'est pas à négliger non plus (ex : de 10 à 15 jours en Chine, mais entre 6 et 8 semaines en Colombie, par contre les parents ne peuvent pas se rendre en Inde (l'enfant arrive à l'aéroport avec une escorte). Aussi, nous avons bien réfléchi avant de faire "notre choix ", et nous nous sommes penchés sur nos priorités, sur notre disponibilité et sur les contraintes exigées par le pays. Il ne faut pas perdre de vue que le pays auquel nous nous adressons n'a pas toujours la même vision que nous. Ainsi, certains pays acceptent que les parents fassent le choix du sexe de l'enfant (rarement pour le premier). Nous n'avons jamais fait de choix, or lors de notre deuxième adoption, l'intermédiaire pensait que nous désirions une fille vu que nous avions eu un garçon comme premier enfant. Pour eux, il est difficile de comprendre qu'un couple veuille accueillir un enfant du même sexe que le premier. Comme nous ne l'avions pas précisé explicitement, nous avons attendu quelques mois de plus, car à ce moment là, beaucoup de garçons et très peu de filles étaient abandonnés et aptes à être adoptés. Aussi, si le sexe de l'enfant vous est égal, il vaut mieux le préciser clairement dans votre demande et indiquer par exemple : " nous désirons un garçon ou une fille de … à … ". Les démarches officielles Le pays et la tranche d'âge de l'enfant sont choisis. Les démarches "officielles " commencent. L'organisme indique là aussi la marche à suivre qui est différente suivant le pays. Quelques documents sont toujours nécessaires tels que : un extrait d'acte de naissance, de mariage (éventuellement, puisque différents pays acceptent les adoptions par un célibataire), un certificat de bonne vie et mœurs, une attestation de revenus, un certificat médical de bonne santé physique et mentale délivré par le médecin de l'association, éventuellement un certificat médical d'infertilité, une demande de visa pour l'enfant… Les documents à réclamer aux communes peuvent la plupart du temps être obtenus gratuitement en déclarant en fait qu'il s'agit de documents nécessaires pour postuler un nouvel emploi ; si vous déclarez que c'est pour une adoption, ils seront d'office payants. Suivant le pays choisi, divers documents devront être authentifiés par un notaire, puis déposés pour traduction, puis légalisés par le notaire, par le ministère des affaires étrangères et enfin par l'ambassade du pays. Il est difficile de fixer un montant quant à ces dépenses, vu que les documents sont différents suivant les pays, qu'on paie beaucoup ou rien du tout suivant l'humeur des fonctionnaires… Il a fallu aussi faire une demande de passeport puisque nous nous rendions dans le pays d'origine de l'enfant pour aller le chercher. Quand le dossier est constitué, plusieurs photocopies vous sont demandées, ainsi que des photos d'identité, des photos de notre maison, de notre jardin, de nous-mêmes dans notre environnement (ce n'est pas toujours agréable de dévoiler ainsi son intimité, mais il faut passer par-là !). Le dossier est alors expédié dans le pays choisi, parfois comme pour la Chine, il faut faire un envoi groupé c'est-à-dire que le pays accepte de traiter les dossiers mais si au moins quatre ou cinq dossiers sont envoyés en même temps. Parfois, on a de la chance et on est le "dernier dossier qu'on attend " avant l'envoi, parfois on est le premier dossier et là encore Madame patience viendra nous rendre visite. Tout cela pour vous dire que parfois, votre dossier est bloqué en Belgique 2 ou 3 mois indépendamment de la volonté de l'organisme. Il se peut qu'à ce moment là, l'organisme vous réclame une partie de la somme prévue pour les frais administratifs. Certains organismes demandent de verser des sommes à dates fixes sur un compte personnel et ils prélèvent au fur à mesure des besoins. D'autres demandent de verser une somme très importante au départ et de compléter par la suite, d'autres vous réclament le tout à l'envoi du dossier ou lors de l'attribution de l'enfant (voir dans le contrat signé). La période d'attente Le dossier est envoyé et l'attente (toujours trop longue pour les parents) commence. Pendant celle-ci, l'organisme nous a contactés pour différentes soirées à thèmes concernant l'adoption. Elles permettent d'éclairer les parents sur divers aspects auxquels ils n'avaient pas songés, elles créent aussi des liens et des contacts entre les différents couples en attente et ainsi "essayent " de faire patienter les parents. Le grand jour arrive Le téléphone sonne, c'est l'association au bout du fil qui nous annonce qu'un petit enfant s'appelant XYZ (nom du pays d'origine) est un garçon (fille) né (e) le…. nous a été attribué(e) par le pays. Et voilà nous sommes parents. Les modalités pour aller chercher l'enfant sont aussi très différentes d'un pays à l'autre. Nous avons eu 5 jours pour préparer nos valises et prendre l'avion lors de notre deuxième adoption au Viêt-nam ; nous savons que pour la Chine, nous serons prévenus au moins un mois à l'avance. A ce moment là aussi, pas de panique ! Le visa pour aller dans le pays doit toujours avoir comme objet : tourisme et jamais adoption, il risquerait de ne pas vous être accordé, de vous faire attendre plus longtemps et/ou de vous le faire payer un prix fort. Les préparatifs Les préparatifs peuvent plus ou moins être "longs ". L'association organise une réunion d'informations et explique ce qu'il faut absolument apporter, ce qu'on peut trouver sur place, les vaccins éventuels…Certains pays envoient un dossier social et médical sur l'enfant, quelques photos, bien sur c'est rassurant, mais ne nous fions pas trop sur ces dossiers ; ils sont souvent identiques pour la plupart des enfants et les photos réservent parfois quelques surprises : photos prises plusieurs mois auparavant, ou pas du bon enfant (organisation d'un pays du tiers monde !). Nous avons emporté lors de notre première adoption, beaucoup trop dans nos bagages (les tentations sur place les rempliront) et il vaut mieux réserver le plus de place pour les effets nécessaires à l'enfant. Les langes, bien que disponibles sur place, sont toujours hors prix et il est souvent judicieux d'emporter un sachet. Quelques vêtements "passe partout " pour l'enfant, n'oubliez pas que vous ne connaissez pas sa taille et son poids exacts à il sera toujours temps d'effectuer quelques achats nécessaires là-bas. Les vêtements et articles de première nécessité (biberons, lait) sont vendus à des prix corrects. Un lainage, une petite couverture est pratique également, vu que la plupart des hôtels et restaurants ont l'air conditionné et on se rend souvent dans un pays chaud (donc attention aux refroidissements). Nous avons pensé à emporter quelques médicaments de première nécessité ; contre la fièvre, diarrhée, constipation ainsi qu'un thermomètre (demander à votre médecin traitant ou à un pédiatre). Pensez aussi à emporter vos médicaments. Le départ Tous les documents nécessaires doivent se trouver à portée de main. Ne mettez aucun document authentique dans vos valises, prenez les en bagage à mains. Cependant, il est utile de faire une copie de tous les documents emportés et de les mettre dans une valise, en cas de vol des originaux par exemple ; ne pas oublier une photocopie de votre passeport et du visa. Le voyage est souvent long, très long même car en plus du vrai temps de parcours, il y a le stress qui augmente et l'impatience de serrer enfin notre petit être dans les bras. Essayons de rester calme, de dormir un peu dans l'avion et de nous "divertir " car les prochains jours seront émouvants, bouleversants et fatiguants. La remise de votre enfant Nous voici enfin arrivés à destination. Suivant le pays un guide, un intermédiaire, un taxi vous attendra à l'aéroport et vous conduira à votre hôtel. Suivant le programme reçu et le pays visité, vous recevrez votre enfant le jour même ou le lendemain, vous aurez aussi peut-être la possibilité d'aller le chercher à l'orphelinat. Là aussi, pas de panique ! L'orphelinat ne sera peut-être pas très propre ou en bon état, n'y pensez pas. Si on ne vous invite pas à y entrer, n'en faites jamais la demande ; les autorités en seront très vexées et cela peut mal se dérouler, par contre si le directeur veut vous faire visiter son établissement, souriez et montrez-vous compréhensif (c'est qu'il est fier de la tenue de son établissement). LE MOMENT MIRACLE : Lors de l'adoption de notre petit garçon, il avait 5 mois, mesurait 54 cm et pesait un peu moins de 4 kg. La nounou me l'a remis dans les bras et m'a fait comprendre que je devais lui mettre d'autres vêtements (aussi il est utile de prévoir quelques vêtements de rechange, des langes, un biberon et une bouteille d'eau). Elle a alors récupéré immédiatement les vêtements (sales et déchirés) car ils allaient pouvoir servir à un autre bébé. Mon bébé ouvrait de grands yeux étonnés. Il ne pleurait pas, mais ne souriait pas non plus. Nous sommes alors allés nous balader avec lui dans le jardin de l'orphelinat et il regardait partout, d'un air très intéressé. Il s'est mis à hurler lorsque nous sommes rentrés dans un local pour signer les dernières formalités. Il est vrai qu'il y faisait plus frais et que c'était certainement la première fois qu'il avait "aussi froid ". Il s'est très vite calmé, dès que nous sommes retournés au dehors et il a commencé à nous sourire. Il nous avait adoptés ! La première nuit fut difficile ; il la passa sur le ventre de son papa et ne s'est endormi que le lendemain matin. Lorsque nous l'avons baigné, notre enfant hurlait. En effet, il avait 5 mois mais c'était la première fois qu'il prenait un bain à ne paniquez pas trop vite. Nous étions un peu inquiets car il était très petit et chétif pour son âge, mais une fois arrivés en Belgique, nous avons effectué les tests nécessaires et il s'est avéré que notre bébé était allergique au riz (au Viêt-nam, l'eau des biberons est enrichie avec l'eau de cuisson du riz) et au lait de vache. Nous avons alors adapté son alimentation et depuis il se porte à merveille. Il est toujours un peu fragile des bronches (dû à sa naissance prématurée)mais c'est un petit garçon formidable, énergique, intelligent et heureux. Lors de l'adoption de notre petite fille, elle venait d'avoir deux mois. Elle se portait à merveille et était plutôt grassouillette. Dès le moment où la nounou me l'a remise dans les bras, elle a souri et avait vraiment l'air heureuse. Elle nous a adoptés directement et ne nous a posé aucune difficulté sur place sauf un peu de régurgitation. Actuellement, elle est en pleine forme, joue toujours avec son grand frère (qui a beaucoup de patience avec elle) et commence à l'école en janvier prochain, car elle veut accompagner son frère pour apprendre à compter ! Tous les enfants réagissent différemment : quand la nourrice arrive avec votre enfant et vous le remet dans les bras. Là aussi, pas de panique ! L'enfant peut paraître joyeux, mais aussi hurler (il ne vous connaît pas, il ne connaît pas vos odeurs…) et s'il est plus grand, il peut s'accrocher très fort à sa nounou. En lui parlant avec douceur, dans votre langue et en l'approchant tout doucement, vous parviendrez vite à le calmer (pour certains le temps d'adaptation est plus long, quelques jours tout au plus). Ne perdez pas courage, l'enfant a peur et il a besoin d'être rassuré, mais une chose est sure, il ne vous déteste pas même si ses actes vous le font penser. Nous avons essayé de demander à la nounou un maximum de renseignements concernant l'enfant : les vaccins éventuellement administrés, les habitudes de vie, de sommeil, de nourriture de notre enfant. A t -il été malade ? C'est très difficile car la langue est une barrière terrible, mais il faut insister auprès de votre guide, intermédiaire, interprète car ces éléments sont importants pour la suite de la vie de votre enfant. Parfois, vous parviendrez à avoir les coordonnées de la mère naturelle (celles du père très rarement) et peut être connaître les circonstances de l'abandon. Ne négligez pas ces renseignements car un jour ou l'autre, votre enfant vous les demandera et si vous avez une réponse véritable (même si elle n'est pas toujours facile à comprendre pour notre civilisation), c'est un cadeau inestimable que vous ferez à votre enfant. La vie sur place Il se peut aussi que sur place vous ayez (vous ou votre enfant) un problème de santé. Evitez absolument les hôpitaux locaux. Vous recevrez différentes coordonnées de cliniques privées et étrangères via votre association et en cas de problèmes graves, faites vous rapatrier ou diriger vers Hong Kong (pour les voyages en Asie). Nous avons eu aussi la possibilité de visiter les alentours (filmer et photographier)et de faire connaissance avec la vie de la population. Cela nous a beaucoup appris et nous permis de comprendre et d'expliquer plus tard à notre enfant les mœurs et les coutumes du pays. Voici un exemple vécu au Viêt-nam et en Chine par la plupart des couples : La population locale est souvent très accueillante et est très contente que cet enfant va avoir un avenir plus prometteur que s'il était resté dans le pays. Une manière de vous faire comprendre cet état d'âme est de demander sans cesse s'il s'agit d'une fille ou d'un garçon et surtout de toucher l'enfant. Il est vrai que les premiers jours, nous sommes en général polis et patients et répondons (souvent par gestes), mais au fur et à mesure des jours, nous trouvons la population répugnante (ils sont souvent très sales et leurs mains ressemblent plus à du charbon qu'autre chose), et nous avons tendance à devenir plus agressif. Essayez de rester calme et souriez, c'est le plus beau cadeau que vous pouvez leur faire. Après tout, c'est grâce à eux que vous avez cet enfant dans vos bras. Formalités à accomplir dans le pays d'origine de l'enfant Suivant le pays, vous aurez à accomplir seul ou accompagné quelques formalités : remise officielle de l'enfant, demande de passeport, de visa, documents à compléter. Nous avons pu compter sur notre intermédiaire pour nous aider et s'il ne le fait pas, il faut insister et contacter votre organisme par téléphone ou par fax, expliquer votre cas et souvent le problème sera vite arrangé. IL NE FAUT PAS BAISSER LES BRAS MAIS SE BATTRE ET SE FAIRE ENTENDRE EN CAS DE PROBLEMES. Nous devions faire quelques démarches seuls, nous ne nous sommes pas laissés impressionner par la population locale, nous l'avons imitée (jouer des coudes, ne pas se laisser dépasser dans les files…) Le jour du retour Les questions se bousculent dans nos têtes. Avons-nous tous les documents nécessaires ? Nous laisseront-ils passés à l'aéroport ? Et dans l'avion, comment l'enfant va t-il réagir ? Il va falloir rester assis très longtemps, essayer qu'il dorme un peu, lui donner à manger… Nous voyagions avec un enfant en bas âge qui ne buvait que des biberons, nous avions emporté le lait et demandé aux hôtesses de chauffer les biberons. Parfois, elles étaient réticentes, mais il faut insister, elles sont là pour servir le client et notre bébé est un client comme les autres. Après avoir eu, lors de ma première adoption, des difficultés à chauffer les biberons (dont une longue escale à Bangkok), j'avais emporter un Thermos d'eau bouillante et une bouteille d'eau et je faisais les mélanges moi-même, ce n'est pas évident, mais cela sert. Il est vrai que même si on n'a rien à se reprocher, c'est une fois arrivés à Zaventem que nous avons pousser un gros "ouf " et que l'émotion est à son comble. Nous avons été accueillis les deux fois par un comité nombreux et cela fait vraiment plaisir. Il est vrai que nos parents, amis, connaissances et collègues se sentaient aussi impliqués dans cette grande aventure et qu'ils avaient hâte de voir la jolie frimousse de notre enfant. On peut comparer un peu cela, au premier jour du bébé à la maternité. Il est vrai qu'après, à la maison cela a été un vrai défilé de tous nos amis (pas pour voir notre bébé comme une bête de cirque) mais vraiment pour l'accueillir dans le cercle familial et amical. Les autres couples de parents adoptifs racontent en général les mêmes réactions, mais il va bien sûr falloir se faire un bouclier. N.B. : comme pour le départ, n'oubliez pas d'emporter les originaux dans votre bagage à mains (nos valises se sont perdues lors de notre retour pour la seconde adoption et nous ne les avons jamais retrouvées). Les démarches à effectuer en Belgique Là aussi, notre organisme nous a donné les consignes à suivre. Mais sachez déjà que l'administration belge est plus souvent "retardée " que celle du pays d'origine. Il faut toujours insister pour que votre enfant soit inscrit comme belge et non dans le registre des étrangers (pour la Thaïlande : cas spécial). Suivant les documents remis, le bon vouloir de l'employé communal, l'adoption sera retranscrite immédiatement ou vous aurez à refaire une nouvelle adoption plénière en Belgique. Essayez d'insister, mais c'est très variable d'une commune à l'autre N'oubliez pas d'inscrire votre enfant à votre mutuelle dès son arrivée, puisqu'il doit être vu par un spécialiste en médecine tropicale (souvent à Anvers) afin d'être totalement rassuré sur son état de santé. Quelques réactions vécues en Belgique Comme nous l'avons déjà abordé lors du choix de l'enfant, des réflexions fuseront de toute part lorsque vous vous promènerez avec votre enfant. Ainsi quelques réflexions habituelles : Où l'avez-vous trouvé ? Comme il est beau, mais l'adoption, c'est cher hein... ; Vous aurez aussi une certaine partie de vos amis qui vous éviteront : cet enfant, n'apporte t-il pas une maladie, ne va t-il pas contaminer les nôtres ? Et les réflexions blessantes du genre : " tu vois tante X ne sais pas avoir de bébé, alors avec oncle Y, ils sont allés en acheter un en... (nom du pays) ". N'oubliez pas non plus de prévoir le plus tôt possible, un mode de garde pour votre enfant (si vous travaillez). En effet, les remarques et réticences sont fréquentes. Vous ne pouvez donner avec certitude la date de l'arrivée de l'enfant, donc une difficulté pour planifier (surtout dans les crèches). Mais pour les gardiennes, c'est souvent lors de l'annonce d'un enfant étranger que les portes se ferment. En fait, elles ne sont jamais contre, mais ce serait les autres parents qui auraient peur des maladies que ce nouvel enfant pourrait apporter. Comment se déroulent les suivis de l'enfant adopté ? Pour le Viêt-nam, nous devions faire un rapport chaque année, envoyer quelques photos jusqu'à l'âge de 18 ans. Dans la réalité, nous l'avons fait trois fois car il n'est pas utile que tous les parents adoptifs envoient chaque année un rapport sur leur(s) enfant(s). C'est très difficile à gérer par l'association et par le pays d'origine. Dans ce rapport, nous avons indiqué l'évolution physique, sociale, psychologique et affective de l'enfant. Quand l'enfant devient plus grand, on peut joindre aussi un dessin qu'il a réalisé. Dans certains pays, les parents naturels ont accès à ces rapports et peuvent ainsi suivre l'évolution de leur enfant. Ils n'ont pas pour autant accès à vos coordonnées et ne peuvent pas entrer en contact avec vous. Quand avons-nous entamé notre deuxième procédure d'adoption ? Nous avons attendu que notre premier enfant ait 2 ans pour entamer notre deuxième procédure d'adoption ; nous savions évidemment que les délais d'attente étaient raisonnables. Là aussi, c'est un choix comme pour un enfant biologique. Certains parents préfèrent avoir leurs enfants rapprochés, d'autres choisissent d'attendre quelques années, d'autres se contentent d'un seul. Certaines associations permettent de commencer une deuxième procédure dès le retour du premier enfant, d'autres demandent aux parents de patienter 1 an ou plus. Il faut bien se dire que lorsqu'on entame une procédure d'adoption, on stresse toujours, ce qui n'est pas toujours agréable pour les autres membres de la famille. Il vaut peut-être mieux prendre le temps de s'occuper de son enfant pendant un an ou plus, le temps qu'il trouve vraiment sa place au sein de la famille et de ne pas le stresser dès le départ. Il faut aussi vous avertir que certains pays imposent un délai minimum entre les attributions ou entre les âges des enfants. Ils veulent recevoir un ou deux rapports du suivi du premier enfant avant d'en confier un deuxième au couple. La Thaïlande impose un délai de 3 ans entre les âges des enfants et ne veut pas tenir compte du délai d'attente. Informations Achetez le billet d'avion de votre enfant en Belgique (même si l'agence de voyage vous conseille l'inverse) car ce sera toujours plus cher sur place, vous perdrez au moins une demi-journée à vous faire comprendre et vous risquez l'overbooking. N'oubliez surtout pas de confirmer vos vols pour le retour. Le prix de la procédure complète d'adoption, y compris l'éventuel voyage varie entre quelques dizaines de milliers de francs (adoption d'un enfant en Belgique) à plus de 500.000 francs. Tous les frais sont payés en dollars. N'oubliez pas d'en tenir compte car il fluctue beaucoup depuis quelques années. Parfois, le pays d'origine réclame un don (exemple : $3.000 en Chine). Une seule association belge vous procure une attestation afin de pouvoir le déduire dans votre déclaration fiscale. Ne cachez jamais la vérité sur l'adoption à votre enfant. Essayez de lui expliquer son histoire (même si c'est un bébé et "qu'il ne comprend " pas), il aura l'habitude de l'entendre et cela vous sera plus facile de lui en parler quand il vous posera des questions. Et croyez-nous, cela arrive très tôt ! La Belgique n'a toujours pas ratifié la convention de La Haye, portant sur les droits de l'enfant. Vous pouvez trouver sur le web, plusieurs sites concernant l'adoption internationale. Une seule association agréée en communauté française en possède un, il est succinct mais pas mal du tout. Vous trouverez de nombreux sites français, canadiens et américains. La plupart de ceux-ci présentent leur association (non-accessible aux Belges). Sur certains sites américains, vous trouverez un listing avec des enfants "disponibles " pour l'adoption, avec une fiche signalétique et une photo. Nous trouvons cela scandaleux ! Un enfant n'est pas une marchandise et il est hors de question pour nous de "choisir son enfant sur catalogue ". Certains de ces sites peuvent choquer et vous faire beaucoup de mal, aussi évitez-les. BONNE CHANCE A TOUS !
duchesse
Actif

(33 ans, LEGE • 474 messages)

Mon nom est Roland Duchesse et je vous propose mes services d’octroi de prêt à un taux d’intérêt très abordable au cas ou vous serrez dans le besoin. Mais pour plus de transparence,Tel que vous l'aurez constaté , les prêts financiers entre particuliers se trouvent difficilement sur internet , plus spécifiquement en période de récession .

Dès que vous mettez une petite annonce sur les sites prévus à cet effet vous recevrez de nombreuses propositions ,dont la plupart d'entre elles , ne sont que fraudes visant à vous soutirer de l'argent .

Hélas , certaines personnes mal intentionnées ont trouvé une astuce visant à s'enrichir , tout en dépouillant de pauvres gens de leur argent . Pour cela , faites vraiment attention car ces derniers sont un peu partout.Pour ce qui est du mien,mon prêt est octroyé dans les bonnes et meilleurs conditions selon la législation française,donc notez que vous n'avez rien à m’avancer jusqu'à l'obtention des fonds .Pour toute personne étant dans le besoin ,le plaisir serait pour moi de vous lire
Bien a vous famille.duchesse@hotmail.com

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