Le syndrome du choc toxique lié aux règles

Depuis quelques années, le nombre de femmes touchées par le syndrome du choc toxique (SCT) lié aux règles ne cesse d’augmenter. Bien que cette maladie soit assez rare, elle peut se révéler mortelle.


syndrome du choc toxique

Qu'est-ce que le syndrome du choc toxique ?

C'est une pathologie infectieuse rare, provoquée par la bactérie du staphylocoque doré, présente naturellement chez 30 à 40 % des femmes et des hommes de tout âge. Seulement 4 % des femmes en ont dans la flore vaginale et 1 % est porteuse de la toxine associée au SCT.

Le tampon et la coupe menstruelle sont les principales causes du SCT liés aux règles. Cela entraîne la stagnation du sang dans le vagin, ce qui favorise la multiplication des bactéries et des toxines dans la circulation du sang.

Afin de mieux comprendre ce syndrome, le professeur Gérard Lina du CHU de Lyon avait lancé, en 2016, une collecte nationale de tampons usagés. Cette collecte permettait en outre de savoir si les donneuses étaient porteuses de la bactérie.

Comment savoir si on a le syndrome du choc toxique ?

Encore très mal diagnostiqué, les symptômes du SCT sont assez similaires à ceux de la grippe ou d'une gastro-entérite. Les symptômes à surveiller - surtout si vous portez des tampons ou une coupe menstruelle - sont :

  • Vomissements
  • Diarrhées
  • Fortes fièvres
  • Maux de gorge
  • Maux de tête
  • Éruptions cutanées
  • Rougeurs dans l’œil
  • Douleurs musculaires
  • Étourdissements

Dans de rares cas, les patientes atteintes peuvent perdre conscience et tomber dans le coma. Elles risquent aussi, encore plus rarement, l'amputation d'un membre ou de décéder.

Le 9 janvier dernier, une jeune belge de 16 ans est décédée du syndrome du choc toxique à cause de son tampon. Dans la nuit, elle avait contracté une forte température. Le premier hôpital où elle s’était rendue lui avait diagnostiqué une grippe gastro-intestinale. Ce n’était que dans l’autre hôpital que le bon diagnostic fut établit mais trop tard, hélas.

Il y a quelques années, le mannequin Lauren Wasser a été amputée de sa jambe droite et de ses orteils gauches pour les mêmes raisons. Par la suite, elle avait annoncé qu'elle devrait également se faire amputer de l'autre jambe.

Que faire si l'on en souffre ?

Tout d'abord, si vous ressentez ces symptômes, allez dare-dare consulter un médecin. Faites-lui part de vos soupçons  au sujet du syndrome du choc toxique. Cessez d'utiliser des tampons ou des coupes menstruelles. Enfin, foncez directement à l’hôpital si votre état s'aggrave.

Comment l'éviter ?

Pour échapper au syndrome, si vous portez ce type de protection, il est conseillé de :

  • Changer son tampon tous les 4 heures (8 h maximum)
  • Ne pas dormir avec un tampon ou une coupe menstruelle, privilégiez plutôt les serviettes hygiéniques
  • Se laver les mains avant d'insérer ou de retirer votre protection
  • Choisir une protection adaptée à votre flux
  • Attendre le début des règles pour insérer une protection
  • Ne pas utiliser de tampons ou de coupes menstruelles si vous avez déjà eu un choc toxique
  • Alterner vos protections

Sachez aussi que les protections biologiques ne diminuent pas les risques.