Le sport pendant la grossesse : quelles sont les limites ?

Beaucoup de femmes enceintes se posent la question des bienfaits ou des dangers du sport pendant la grossesse.


sport pendant la grossesse

Les jeunes sportives, habituées à pratiquer un sport régulièrement, supportent mal un “sevrage brutal” et vivent une situation de manque. Tandis que les plus sédentaires se préoccupent tout à coup de leur corps et se demandent s'il ne serait pas temps de “faire quelque chose”.

Le bon sens

Comme toujours, le bon sens doit vous guider. Chez les Inuits (autrement appelé Esquimaux), les femmes savent, sans test de grossesse, repérer la fécondation au changement de rythme respiratoire. Dès les premiers jours, elles doivent cesser les travaux pénibles qui demandent des efforts abdominaux, comme gratter les peaux de bêtes. Mais elles doivent conserver une activité jusqu'au bout afin que le bébé ne soit pas trop gros, ce qui pourrait poser problème à l'accouchement. Nous avons là une trame cohérente (et de bon sens...).

Sport pendant la grossesse : quelques repères

Les trois premiers mois de la grossesse sont ceux de l'implantation de l'œuf et de la constitution du placenta.

On considère généralement que les grossesses qui s'arrêtent spontanément durant cette période présentaient une anomalie, qu'il ne faut pas tenter de sauver à tout prix, mais accepter cette “sélection naturelle”.

Pour renforcer cette conviction que “si c'est bien accroché, ça tient” on peut penser à toutes celles qui ont tenté, au temps où la contraception n'existait pas, de décrocher l'œuf par des efforts violents, le plus souvent sans aucun succès. On pourrait déduire de cette position qu'il n'y a aucune restriction pendant le premier trimestre, ce qui est excessif.

Même pour une grossesse sans problème, il est déconseillé de prendre certains risques. Vous auriez ensuite une grosse culpabilité, et peut-être l'obligation de rester au repos strict un certain temps, en cas de saignements par ex, ce qui serait encore plus pénible et stressant.

Mais si vous avez eu des difficultés à avoir un enfant, si vous avez déjà fait des fausses couches, ces précautions sont encore bien plus évidentes : il vaudrait mieux rester au calme les trois premiers mois, le temps de bien assurer l'implantation, ce qui ne veut pas dire rester au lit et ne plus oser bouger.

Bien entendu, il existe des grossesses qui nécessitent des précautions particulières, que votre médecin vous indiquera.

Sport pendant la grossesse : les risques

Il faut éviter de faire des sports qui secouent beaucoup, (jet-ski, course, saut, ...) ou qui demandent une forte participation des abdominaux (athlétisme, escalade, ...), et ceux qui accélèrent trop le rythme cardiaque.

Bien entendu, tout au long de la grossesse, il faut éviter les chutes et les chocs. Le ski alpin, le judo, l'équitation, et bien d'autres, exposent à ces accidents, il vaut donc mieux les éviter.

Sport pendant la grossesse : les limites

Au fur et à mesure des mois, alors que grandit votre bébé dans le ventre, vous perdrez de votre mobilité et vous allez de vous-même éliminer les sports qui demandent des déplacements rapides, ou des positions enroulées, des appuis sur le ventre...

Mais dès le début votre souffle sera plus court, votre cœur plus rapide, en raison d'une augmentation du volume sanguin, avant même la prise du premier kilo. Vous serez vite essoufflée, et les apnées prolongées sont à éviter.

La position du bébé peut modifier le tableau d'une femme à l'autre.

Certaines ne supporteront pas d'être allongées sur le dos, elles étouffent, ou ont tout de suite une douleur dans le bas du dos, une “sciatique. D'autres, ne peuvent rester debout en raison de baisses de tension, de jambes qui gonflent. D'autres sont gênées sous les côtes, ont des reflux et des brûlures d'estomac dès qu'elles sont assises tassées, ou qu'elles se penchent, tête en bas, ou un afflux important de sang à la tête et un étourdissement en se relevant. Tout cela est sans gravité, mais il faut l'appréhender au mieux...

D'une manière générale, la grossesse donne sommeil, surtout dans la journée, ralentit les rythmes, ramène plus à l'écoute intérieure qu'à la performance extérieure... Il y a un gros travail physique et psychique qui est en train de se faire et il est moins nécessaire qu'en d'autres temps de dépenser son trop plein d'énergie. Finalement, les choses vont se faire d'elles-mêmes le plus souvent, si vous acceptez d'écouter votre corps.

Beaucoup auront à partir du deuxième trimestre une “pêche d'enfer” qui pourra durer, pour certaines, jusqu'au bout. Dans ce cas, il faudra juste éviter d'en faire trop, par exemple, déménager et repeindre les plafonds, pour arriver avec de bonnes réserves d'énergie au moment de l'accouchement.

Travail corporel, pourquoi ?

L'objectif de faire du sport pendant la grossesse n'est pas la musculation. C'est le maintien et l'adaptation de la musculature, y compris périnéale, le travail du souffle en endurance, l'activation de la circulation, du transit, les étirements, l'action sur les tensions musculaires et psychiques.

Dans la perspective de l'accouchement, la préparation corporelle amène une connaissance en profondeur de soi, une complicité avec le bébé, l'acquisition de la confiance en son corps et la maîtrise de quelques outils ; respiration, positions, détente...

Il faut donc des exercices adaptés, non épuisants, qui tiennent compte des gênes diverses qui peuvent se présenter, par exemple, en fonction de la position du bébé.

Grossesse à risque

Maintenez un minimum de travail musculaire. Voilà bien tout l'enjeu. Mais dans différents cas, notamment en cas de menace d'accouchement prématuré, ce n'est pas toujours simple.

En cas de menace d'accouchement prématuré, vous vivez une grossesse à risques. La plupart du temps, vous avez besoin de calme et de repos. L'alitement fait fondre très vite les muscles, peut créer des problèmes circulatoires, de transit, des douleurs diverses et une bonne déprime. Ces éléments ont souvent des répercussions sur l'accouchement et les suites de couches.

Or, il est possible de maintenir un minimum de travail musculaire, en particulier dans les jambes, les fesses, le périnée, de stimuler le transit, d'étirer le dos, sans entraîner de contractions, sans prendre le moindre risque.