GROSSESSE : les sautes d'humeurs ! La faute à qui ?

De l'angoisse, à la joie, en passant par la panique, le stress, ou bien la fatigue, la période de grossesse est remplie de changements d'humeurs chez la femme. Pourquoi ?


GROSSESSE : les sautes d'humeurs ! La faute à qui ?

Pendant la grosse, nous ne reconnaissons plus notre corps, tout comme notre humeur d'ailleurs ! Quelle surprise de le voir à ce point échapper à notre contrôle. On passe du rire aux larmes sans savoir pourquoi. Un rien nous fait rire, un rien nous fait pleurer. Ces changements d'humeur et autres états d'âme sont-ils la faute aux hormones ? Un peu quand même, mais pas seulement.

Un peu la faute des hormones

Pendant la grossesse, les modifications du climat hormonal sont de grande amplitude. Nos hormones sexuelles modifient notre comportement, notre perception des choses, notre humeur. Il est donc tout à fait normal de se sentir différente.

Mais rassurez-vous, ces modifications sont transitoires et disparaissent après la naissance de votre enfant.

La progestérone nous met en même temps la tête dans les nuages et sur les genoux ! Nous nous retrouvons alors dans une position bien inconfortable qui nous rend vulnérables. Nous devenons susceptibles et la moindre remarque devient une attaque. Une simple contrariété devient un véritable stress. C'est aussi cette augmentation du taux de progestérone qui est à l'origine des réveils nocturnes pour uriner. Et de mauvaises nuits ne vont certainement pas arranger nos humeurs.

Les endorphines agissent comme un antidouleur naturel et nous remontent le moral. Leur sécrétion augmente tout au long de la grossesse, mais c'est à l'approche de l'accouchement que leur taux devient maximum.

Le cortisol nous apporte son effet euphorisant, voire excitant. Aussi nous réveille-t-il la nuit, moment opportun pour laisser gamberger notre esprit entre la peur de l'accouchement et la joie de devenir maman.

Mais les hormones n'expliquent pas tous les changements d'humeur et autres états d'âme...

Un peu la faute de tout le monde et de personne

Nous voulions tellement ce bébé, nous en avions rêvé et voilà que deux mois plus tard, nous sommes submergée par les nausées, les angoisses et les questions existentielles : nous avons peur de l'accouchement, peur de ne pas être une bonne mère, peur de nous être trompée,...

Tout notre entourage nous félicite pour cette grossesse et nous nous sentons coupable de douter. Au bord de la crise de larmes, nous nous demandons si notre bébé ressent nos angoisses.

Toutes, à un moment où un autre, nous nous posons ce genre de questions saugrenues. C'est normal et c'est sain. Alors inutile de chercher des raisons psychologiques dans nos nausées et notre acné.

Et puis il y a notre patron qui ne voit pas cette grossesse d'un très bon œil et qui pense qu'être enceinte est anti-productif. Nous redoutons le moment où il nous dira que dans notre état, nous ne sommes plus en mesure d'assumer d'aussi lourdes responsabilités, et qu'il confiera le dossier à un collègue.

Pour finir, il faut bien reconnaître qu'à force de tout décider et tout planifier dans notre vie, nous n'acceptons plus certaines choses comme le fait que tomber enceinte prenne un peu plus de temps que prévu, que notre grossesse soit plus contraignante que prévu.

Il faut pourtant accepter que nous ne maîtrisions pas notre corps et notre grossesse comme nous organisons notre travail.

La grossesse est un état merveilleux par lequel il faut se laisser bercer. Neuf mois sont nécessaires pour faire un bébé. Ces neufs mois-là sont également indispensables pour devenir mère.

La grossesse déclenche une véritable crise d'identité

La grossesse est un moment charnière de notre vie pendant lequel nous pouvons faire une véritable crise d'identité. Car tout comme à l'adolescence, tout change alors: l'image que l'on a de soi, de sa féminité, de son statut social, de son statut dans son couple et sa famille. Nous cessons d'être la petite fille de notre maman pour devenir la mère de notre enfant, mais pour ce faire, nous empruntons le chemin qu'elle a emprunté avant nous. Et peu importe les rapports avec notre maman, un rapprochement inéluctable se fait entre nous :

- soit elle nous a comblés et nous aurons envie de lui demander plein de conseils;
- soit un vide s'est installé entre nous et c'est le moment de le combler.

Dès que l'on est enceinte, on revit dans sa tête et dans son corps les premiers échanges qu'on a eus avec sa maman. Ce rendez-vous avec notre passé est bouleversant. On se sent sincèrement émue et retournée sans comprendre d'où viennent ces accès de nostalgie et de tristesse qui déferlent.

Et les souvenirs du passé viennent s'imbriquer au présent. Les vieilles blessures psychiques de l'enfance peuvent refaire surface et occasionner des perturbations, des changements d'humeur ou des états d'âme. Vous trouvez ça très pénibles, à un moment où tout devrait vous aider à trouver la plus grande sérénité.

Soyez rassurée !

Lorsque nous sommes enceintes, nous restons une énigme, tout à tour vulnérables, émotives, nous alternons les coups de blues, les états d'âme et les moments d'euphorie et nous nous conduisons parfois comme des petites filles capricieuses. Ces changements d'humeur sont normaux: nous sommes et nous resterons ambivalentes envers la grossesse que nous avons désirée. Cela nous aide sans doute à prendre conscience des responsabilités qui nous attendent.

Toutes ces angoisses, ces pensées contradictoires s'envolent comme par magie lorsqu'on tient son petit ange dans ses bras. C'est ça le miracle d'être une maman.