L'interruption médicale de grossesse (IMG)

Parfois, face à des {{malformations fœtales}}, les parents doivent faire le douloureux choix entre l'interruption de la grossesse ou sa continuation.


L'interruption médicale de grossesse (IMG)

Les parents se font alors toutes sortes d'idées sur les origines et les causes des malformations fœtales, sur l'hérédité, sur l'anormalité, ce qui provoque chez eux confusion et inquiétudes, ainsi que des réactions de culpabilité et de honte excessives, voire même des réactions de répugnance et de déni.

Contrairement aux avortements à indications psychosociales, les interruptions médicales de grossesse (IMG) mettent un terme à des grossesses qui sont désirées et qui ont été précédées d'une période d'angoisse intense à l'occasion des examens périnatales. Il existe dès lors de nombreux risques de deuil compliqué, ou de lourdes séquelles psychologiques.

Pour ce type de perte périnatale, la résolution du deuil est compliquée par une perte de l'estime de soi biologique. En effet, la procréation d'un enfant mal formé est toujours perçue comme un échec de reproduction. La honte et le sentiment d'échec qui en découlent entraînent souvent des sentiments d'infériorité, ce qui n'est pas pour faciliter la résolution du deuil. On retrouve également une perte de l'estime de soi morale, car il y a eu confrontation avec le sens moral des parents lors de la décision sur la préservation ou la suppression de la vie. La décision d'interrompre la grossesse a fréquemment interféré dans les croyances que la personne avait jusqu'alors sur le bien et le mal. Les sentiments de honte et de responsabilité se retrouvent d'ailleurs chez beaucoup de mères. Une perte de l'estime de soi sociale est également observée chez ces parents. En effet, de nombreux couples se retrouvent socialement isolés. Cet isolement est accentué par le fait que le deuil est compliqué de problèmes d'hérédité, d'anormalité et d'avortement, ce qui a tendance à faire fuir l'entourage. Or, on sait que le travail de deuil peut échouer si l'événement et ses séquelles ne sont pas partagées avec l'entourage !

Carole Méhan, Psychologue.