L'interruption médicale de grossesse (IMG)

L'IMG peut être préconisée si une affection grave du foetus est détectée, ou si la grossesse met en danger la vie de la mère.


L'interruption médicale de grossesse (IMG)

Les causes de l'IMG

Les parents se font alors toutes sortes d'idées sur les origines et les causes des malformations fœtales, sur l'hérédité, sur l'anormalité, ce qui provoque chez eux confusion et inquiétudes, ainsi que des réactions de culpabilité et de honte excessives, voire même des réactions de répugnance et de déni.

C'est dans ce cas de figure, ou dans la cas où la grossesse met la santé de la mère en danger que l'IMG peut être préconisée. C'est lors d'un diagnostic prénatal, qui peut être une simple échographie ou une amniocenthèse, que le docteur peut détecter un problème. Il doit alors en référer à l'un de ses confrères pour obtenir un second avis. Pour confirmer ou infirmer les doutes, des examens supplémentaires doivent être effectués. Au terme de ceux-ci, se réunit une équipe de quatre médecins composée d'un gynécologue-obstétricien membre d'un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal, d'un médecin choisi par la femme enceinte, d'un psychologue et d'un spécialiste de l'affection en question. C'est eux qui évaluent la gravité de la situation, mais c'est le couple attendant l'enfant qui prend la décision finale.

Le déroulement de l'IMG

Une fois la décision prise, tout est très rapide et se déroule sur quelques jours seulement. Selon l'urgence et la gravité de la situation, deux méthodes existent : médicale ou chirurgicale. La première consiste en une prise de médicaments puis un accouchement par voie naturelle sous traitement anti-douleur, c'est la mode opératoire préféré. La seconde consiste en une césarienne, elle est prévue pour les cas les plus urgents. Quelle que soit la méthode utilisée, un produit foeticide est injecté pour arrêter le corps du foetus.

Le deuil qui suit l'IMG

Contrairement aux avortements à indications psychosociales, les interruptions médicales de grossesse (IMG) mettent un terme à des grossesses qui sont désirées et qui ont été précédées d'une période d'angoisse intense à l'occasion des examens périnatales. Il existe dès lors de nombreux risques de deuil compliqué, ou de lourdes séquelles psychologiques.

Pour ce type de perte périnatale, la résolution du deuil est compliquée par une perte de l'estime de soi biologique. En effet, la procréation d'un enfant mal formé est toujours perçue comme un échec de reproduction. La honte et le sentiment d'échec qui en découlent entraînent souvent des sentiments d'infériorité, ce qui n'est pas pour faciliter la résolution du deuil. On retrouve également une perte de l'estime de soi morale, car il y a eu confrontation avec le sens moral des parents lors de la décision sur la préservation ou la suppression de la vie. La décision d'interrompre la grossesse a fréquemment interféré dans les croyances que la personne avait jusqu'alors sur le bien et le mal. Les sentiments de honte et de responsabilité se retrouvent d'ailleurs chez beaucoup de mères. Une perte de l'estime de soi sociale est également observée chez ces parents. En effet, de nombreux couples se retrouvent socialement isolés. Cet isolement est accentué par le fait que le deuil est compliqué de problèmes d'hérédité, d'anormalité et d'avortement, ce qui a tendance à faire fuir l'entourage. Or, on sait que le travail de deuil peut échouer si l'événement et ses séquelles ne sont pas partagées avec l'entourage !
Carole Méhan, Psychologue.