Prééclampsie : un test sanguin permettant d'en prédire le risque

L'étude Prognosis publiée dans The New England Journal of Medecine a révélé qu'un test sanguin novateur pourra être utilisé pour prédire le risque de prééclampsie.


Prééclampsie : un test sanguin permettant d'en prédire le risque

Qu'est-ce que la prééclampsie?

La prééclampsie, appelée aussi toxémie gravidique, est une complication de grossesse relativement fréquente qui est caractérisée par une hypertension artérielle associée à une élévation de la quantité de protéines présentes dans les urines. Les futures mamans de moins de 18 ans et celles de plus de 40 ans ont plus de risques d’être concernées. La prééclampsie se manifeste dans la plupart des cas au cours du troisième trimestre de grossesse et est souvent accompagnée de violentes céphalées, de troubles ou encore de vomissements. Des oedèmes et une prise brutale de poids sont aussi des signes qui doivent alerter les futures mamans. 

Un test sanguin pour en prédire les risques

Chaque année 40 000 femmes enceintes sont atteintes de cette complication de grossesse. Bien qu'elle soit simple à traiter, elle est tout de même responsable d'un bon tiers des naissances prématurées et est la seconde cause de décès maternels en France. C'est pourquoi les chercheurs tentent depuis plusieurs années de trouver un moyen permettant de dépister à temps les femmes à risques.

Publiée dans le New England Journal of Medecine, l'étude Prognosis vient de montrer qu'un test sanguin pouvait permettre d'identifier les femmes à risques de développer une prééclampsie. Ce test s'appuie sur l'évaluation du rapport entre 2 protéines jouant un rôle important dans le développement de la prééclampsie, et qui sont produites par le placenta, avant de se retrouver ensuite dans la circulation sanguine de la mère.

Cette étude s'est appuyée sur des données collectées après un essai clinique mené dans 14 pays différents et concernant plus de 1 270 femmes à haut risque de prééclampsie (obésité, grossesses multiples, antécédant familiaux, etc.) ou présentant les premiers symptômes.

Selon les résultats, un rapport égal ou inférieur à 38 était une valeur prédictive proche de 100%. Pour les femmes concernées par l'essai clinique, la prééclampsie pouvait apparaître dans la semaine suivant le test. Dans le cas où le rapport était supérieur à 38, les femmes pouvaient être touchée dans les 4 semaines suivantes. 

Mais ce test pourrait bien être capable de prédire également un risque de complications pour la mère et l'enfant. Les résultats de l'étude montrent que ce test permet une meilleure prédiction de la maladie et donc une réduction de 50% des hospitalisations préalables au diagnostic.

"Un test fiable pouvant détecter la présence de la prééclampsie de façon précoce"

Le Dr Stefan Verlohren, responsable des travaux a précisé que : "le rapport sFlt1/PlGF (les protéines jouant un rôle dans le développement de la prééclampsie) peut nous aider à mieux prédire l'apparition de la maladie ou ses complications. Nous pourrons ainsi éviter les naissances prématurées et les retards dans les traitements. Plus important encore, nous avons un test fiable pouvant détecter la présence de ce syndrôme avant même l'apparition des symptômes" 

En effet, les causes de la prééclampsie ne sont pas complètement déterminées et il n'existe pas de traitement à cette pathologie. Lorsqu'elle apparaît chez la femme enceinte, l'unique solution consiste bien souvent à provoquer l'accouchement.