Grossesse : le dépistage prénatal insuffisant

Près de 3 % des femmes enceintes n'effectuent pas les tests de dépistage de la syphilis et de l'hépatite B, alors qu'ils sont obligatoires.


Grossesse : le dépistage prénatal insuffisant

Aussi surprenant que cela puisse paraître, le dépistage prénatal n’est pas aussi bien assuré qu’on pourrait le penser. C’est le résultat de l’enquête menée à partir de l’étude longitudinale française depuis l’enfance, (ELFE) conduite en 2011, selon le dernier bulletin épidémiologique hebdomadaire de l’Institut de veille sanitaire (InVS).

L’enquête a porté sur « la réalisation des dépistages prénataux et leurs déterminants pour les maladies infectieuses suivantes : toxoplasmose, syphilis, hépatite B, infections à VIH et à cytomégalovirus ou CMV». Les chercheurs ont analysé les dossiers de 18 022 mamans majeures, tirés au sort. Malgré le suivi médical de grande qualité mis en place pour encadrer la grossesse des femmes, entre 2,8 % et 2,9 % des femmes n’ont pas fait de tests de dépistage de la toxoplasmose.

Un accès à l'information au dépistage inégal

Entre 2,6 % et 2,8 % n’ont pas été détectées pour la syphilis.  L’étude note que cette lacune était « plus fréquente lorsque les femmes avaient été suivies essentiellement par un professionnel de santé autre qu’une sage-femme et lorsque le nombre de visites prénatales avait été faible ».

Le test de dépistage de l’hépatite B n’avait pas été effectué chez 2,6 % des femmes enceintes. En cause, la vaccination anti VHB qui semble inciter les mamans à ne pas pratiquer ce test. Mais les chercheurs rappellent que « qu'il convient cependant de rappeler que la vaccination anti-VHB ne dispense pas de l’obligation de dépistage prénatal ».

Autre point noir de cette enquête, près de 11 % des femmes concernées n’ont pas effectué de test de dépistage du VIH. Le fait d’habiter hors de l’Ile-de-France favorise ce manque d’accès au dépistage, d’après l’étude menée.

Pour les chercheurs, il est regrettable que le dépistage de la syphilis, de l’hépatite B et du VIH ne soit pas plus systématique. Les dépistages prénataux obligatoires « sont loin d’être systématiquement faits » et « un dépistage non recommandé est pratiqué sur un quart des femmes enceintes » puisque le dépistage du cytomégalovirus (CMV) est en revanche régulièrement pratiqué.