La maltraitance gynécologique, si on en parlait?

On commence enfin à évoquer le sujet, la visite annuelle chez le gynécologue est souvent loin d'être une partie de plaisir. Retrouvez un florilège de témoignages forts et émouvants.


La maltraitance gynécologique, si on en parlait?

Dans le genre pervers :

"Au CHU de Nantes, mon gynéco m'a dit une fois : "Votre col de l'utérus doit être parfait pour la levrette". Toi à ce moment là tu es au plus mal, position humiliante sur l'étrier (l'engin de torture) et tu as juste envie de l'émasculer : CONNARD." Témoignage de Léa.

Dans le genre inconsciente :

"L'ancienne gynéco de ma mère lui a caché un CANCER (oui, oui) parce qu'elle était enceinte (bah oui, des fois que ma mère aurait préféré avorter et se faire soigner 8 mois plus tôt !!!).

Une amie n'a pas pu bénéficier d'un avortement thérapeutique (enfant non viable) parce que sa gynéco lui a volontairement menti sur les délais légaux pour le pratiquer, et a fait traîner les démarches. Elle a fini par le faire moyennant finances dans un pays frontalier ! Il faudrait prendre le problème dans le bon sens : dépister l'intégrisme religieux parmi les médecins. C'est cet intégrisme qui véhicule l'image nauséabonde de la femme et de son corps, qui mène à ces abus." Témoignage anonyme.

Dans le genre voyeur :

"Je me souviens très bien d'avoir été hospitalisée à l'hôpital de Rennes pour une grossesse à risque il y a de cela 39 ans et je me rappelle très bien le gynécologue en chef, arrivé dans ma chambre avec toute une équipe d'élèves, après avoir expliqué mon cas et ayant demandé à chacun de faire un toucher. Or à un moment donné (j'étais toute jeune, 23 ans ) je me suis mise à pleurer à la grande surprise du médecin et j'ai réussi à dire que j'étais très gênée par tous ces regards sur moi braqués .
Ce témoignage vaut ce qu'il vaut mais je m'en souviens encore très sensiblement..." Témoignage de Danielle.

Dans le genre bouchère :

"Je suis infirmière et pourtant, mon dernier passage chez ma gynécologue je l'ai considéré comme un viol : cette femme a été d'une brutalité incroyable et d'un irrespect pour ma pudeur... J'étais un bout de viande sur sa table d'examen. J'en suis sortie traumatisée, avec un mal au ventre terrible, je ne suis pas près d'y retourner. Cela m' a permis aussi de m'interroger sur mon travait, et sur le respect et la douceur que je dois aux patients : une remise en cause fondamentale de mon métier." Témoignage d'Anne-Marie.

Dans le genre pas hygiénique :

"J'avais décidé d'accoucher dans un hopital éloigné pour vivre un accouchement sans douleur. J'y suis allée deux fois pour connaître les lieux et m'inscrire. Je me suis retrouvée avec cinq autres futures mamans, couchée, dans une salle minuscule.
Une femme entre sans se présenter pour fourrer à tour de rôle sa main dans notre intimité, sans ménagement, et sans changer le gant !!! La chaîne d'accouchement ! Avec une grande douleur au ventre, et choquée, j'ai aussitôt décidé d'accoucher dans mon petit hôpital de campagne, vétuste mais chaleureux, malgré la naissance difficile qui s'annonçait." Témoignage d'Anna.

Dans le genre mauvais diagnostic :

"Mycoses, cystites graves, invalidantes, à répétition... : "Vous n'avez qu'à pas porter des strings et des pantalons moulants" (gynéco femme). In fine, mon médecin généraliste, fortement armé après 2 ans de récurrence et de douleurs, qui m'a prescrit des exams : en guise de string, j'avais une énorme colonie de streptocoques développée anarchiquement. Mon moi de 20 ans a gardé une gratitude éternelle à ce généraliste qui n'a jamais cru à l'hypothèse du string.

Tiens, ça me rappelle en juin, quand ils m'ont foutue dehors aux urgences gynéco, alors que je pissais le sang : "Madame, si vous n'êtes pas enceinte, on peut pas s'occuper de vous. Faites un test et revenez si vous êtes enceinte." Quant à la jeune femme sans papiers devant moi qui ne parlait que wolof - et qui était très vraisemblablement en train de faire une fausse couche (hémorragie importante à 3 mois) - on lui a dit d'aller dans un centre d'échographie "parce que vous comprenez, nous pour vous faire une écho, il nous faut votre première écho de grossesse". (...) Urgences gynéco, hein. Ouais, les nerfs, on est des petites natures, et tout ça. Oui, c'est triste … Et sur le coup, c'est carrément la panique. Quand tu perds des bouts d'escalope sanglants et que personne ne veut te prendre en consultation, même aux urgences." Témoignage anonyme.

Dans le genre viol :

"On a décidé de ne pas m'anesthésier du tout pendant une intervention au laser sur le col de l'utérus. Pleurer de douleur pendant toute l'intervention... Les demandes des infirmières n'ont pas convaincu le chirurgien de faire une pause ou de reporter l'opération pour passer sous anesthésie.
Une question : pourquoi attacher nos jambes sur les étriers avec des lanières de cuir si l'on n'est pas anesthésiées ?
Le coup de massue : "ça ne faisait quand même pas si mal que ça !", dixit Mr le Dr. G.
J'ai subi un deuxième viol, je n'en avais vraiment pas besoin." Témoignage anonyme.

Dans le genre cru :

"Au début des années 70, je fus enceinte de mon premier enfant et j'étais suivie par un gynécologue strasbourgeois de renom.
Au sixième mois, au cours d'une consultation, nous avons parlé plus précisément de l'accouchement, et je fus effarée d'entendre ce monsieur dire à plusieurs reprises : "Quand il va tomber du trou...". Cette grossièreté m'a fait envisager de changer de praticien.
Je n'en ai pas eu l'occasion car quelques jours plus tard j'accouchais prématurément (à 40km de Strasbourg). Mon fils est décédé très vite suite à une insuffisance respiratoire ; à aucun moment ce monsieur ne s'est manifesté ... quelle classe et quelle humanité ! Et les femmes gynéco ne sont pas toujours différentes, un comble !" Témoignage de Francine.

Cet article provient du site de France Culture.

©Photo : FOTOLIA/ VLADIMIRFLOYD