Césarienne, des risques à long-terme pour maman et pour bébé ?

Une étude de l’université d’Edimbourg a synthétisé l’observation de presque 30 millions de personnes. D’après les résultats présentés, les bébés nés par césarienne souffriraient plus souvent d’asthme et d’obésité, alors que leurs mamans mettraient en péril leurs prochaines grossesses.  


Césarienne, des risques à long-terme pour maman et pour bébé ?

Alors que le taux de césariennes augmente d’année en année partout dans le monde, de plus en plus de recherches concernant cette opération sont publiées. Cette fois, ce sont des chercheurs d’Edimbourg qui nous livrent des résultats sur les risques à long-terme … Pour bébé, mais aussi pour maman.

Cette méta-analyse – une étude qui analyse les résultats d’autres études afin d’en regrouper les informations – concerne 79 études et donc 29.928.274 personnes. La revue en ligne PloS Medicine l’a publiée, et BabyFrance vous parle des résultats :

  • Pour bébé

On vous en parlait déjà en 2008, la césarienne est très souvent pointée du doigt car elle favoriserait l’asthme chez le bébé. Mais cette fois-ci, on y ajoute un risque d’obésité infantile.

En effet, les enfants nés par césarienne auraient 21% de risque en plus de souffrir d’asthme d’ici leurs 12 ans et également 59% de risque en plus d’être au stade d’obésité avant leurs 5 ans. Le fait que l’opération ait un impact sur le développement du système immunitaire et de la flore intestinale de l’enfant pourrait notamment expliquer ces résultats.

  • Pour maman

Concernant les mamans, c’est surtout à propos des futures grossesses que le problème se pose. En effet, les césariennes seraient souvent associées à une baisse de la fertilité, un risque accru de fausse couche (+27%) ou d’enfants morts-nés (+ 17%), ou même une augmentation du risque d’avoir un placenta praevia (+ 74%) !

En d’autres termes, et malgré les deux points positifs de la césarienne lorsqu’elle semble limiter le risque d’incontinence urinaire de 56% et le risque de prolapsus vaginal (descente d’organes) de 29%, il semblerait donc que la césarienne soit liée à plus de soucis qu’on ne le pense.

Cependant, il faut bien être conscient que cette étude nous montre des liens entre différents faits, mais qu’aucune certitude de causalité n’existe. Cela signifie simplement qu’on remarque plus d’asthme, d’obésité, de fausses-couches, etc., dans les cas de césariennes, mais que cela n’est pas automatique. Non, un bébé né par césarienne ne sera pas automatiquement obèse, par exemple. 

Simplement, les résultats doivent être interprétés avec prudence et les parents sont juste appelés à surveiller un peu plus attentivement d’éventuels symptômes pour prévenir tout souci. « Cette information devrait aider à éclairer les discussions sur le mode d'accouchement, et peut faciliter la planification avec une décision partagée », ajoute Sarah Stock, du Centre de santé reproductive du CRM à l'Université d'Edimbourg.