Accouchements difficiles: des témoignages poignants

Découvrez l'histoire de ces femmes au travers d'une sublime série de photos et de témoignages émouvants.


Brittany, Wheeling

“Étant moi-même infirmière, j’ai fait confiance au médecin et à ses recommandations. Dans l’heure qui a suivi mon arrivée à l’hôpital, ses interventions superflues ont fait tourner au cauchemar un travail commencé dans le calme et la sérénité. Elle s’est ensuite vantée d’avoir gâché mon accouchement mais d’avoir réalisé une belle incision.” — Brittany, à Wheeling (Virginie-Occidentale)

Mandy, Pittsburg

“Le fait de m’écouter un tant soit peu et de me dire que je connaissais mon corps et mes antécédents médicaux m’aurait épargné le traumatisme qu’a fini par représenter un accouchement chirurgical déjà terrifiant en soi. Au lieu de ça, un anesthésiste incompétent et irrespectueux m’a condamnée à une maternité pleine d’angoisse et de flashbacks.” — Mandy, à Pittsburg (Pennsylvanie)

Angela, Richmond

"Le personnel médical ne m’a pas traitée avec le respect que j’attendais et n’a tenu aucun compte des décisions relatives à ma propre santé. On devrait privilégier l’accouchement naturel pour les mères en bonne santé dont la grossesse s’est bien passée et non les en dissuader.” — Angela, à Richmond (Virginie)

Bru, San Diego

“Je n’avais aucune idée de ce qu’était un accouchement. Je ne savais pas que j’allais regretter la présence de personnes en qui je n’avais pas confiance. Je ne savais pas que j’avais le droit, en tant que femme, de prendre mes propres décisions. J’avais besoin des encouragements de ma sage-femme. Je me suis sentie seule, et très faible, dans cet hôpital. J’ai eu l’impression, et je l’ai toujours, d’être une incapable. Même en écrivant ces lignes, deux ans plus tard, j’ai le sentiment de ne pas avoir été à la hauteur pour ma fille. Je voulais l’avoir à la maison, où elle m’aurait vue en premier et se serait sentie en sécurité. Je me suis dit que ce serait plus sûr à l’hôpital, mais j’ai eu tort.” — Bru, à San Diego (Californie)

Megan, Baltimore

“Je ne savais pas que j’avais le choix, je n’étais pas au courant de leurs habitudes, du protocole ni de la façon dont les choses fonctionnaient au service des soins intensifs néonatals. J’ai commencé à me sentir exclue, comme si je n’étais pas vraiment la mère de mon bébé, parce qu’on ne m’en avait pas donné l’occasion. J’étais arrivée toute heureuse à la maternité, le travail déjà commencé. Je me suis traînée d’un hôpital à un autre avec un sentiment de vide et de défaite, au lieu d’avoir un bébé en bonne santé. J’avais échoué sur toute la ligne et nous en souffrions lui et moi.” — Megan, à Baltimore (Maryland)

Meghan, New Jersey

“Quand on se sent aussi vulnérable, sans rien contrôler ni pouvoir agir, on s’en sort soit très bien, soit très mal. J’aimerais tellement qu’ils comprennent à quel point un simple mot, un geste — ou le fait de n’en faire aucun — change tout. C’est le corps, le bébé, la vie de quelqu’un, et il faut que tout cela compte. Vous avez abîmé ma famille à tout jamais.” — Meghan, dans le New Jersey

Kimberly, Columbus

“Vous pouvez être reconnaissante et ravie d’avoir un bébé en bonne santé, tout en restant totalement traumatisée par votre accouchement. Ce sont deux choses entièrement différentes, mais pas incompatibles.” — Kimberly, à Columbus (Ohio)

Jen, Denver

“Je parle au nom de nombreuses femmes dont le surpoids leur a valu, au cours de l’accouchement, d’être poussées à prendre des décisions arbitraires, et qui se sont entendues dire que leur vagin était trop adipeux pour donner naissance à leur bébé. Ça suffit! La honte n’est pas un outil efficace et nous ne tolérerons pas plus longtemps ce harcèlement.” — Jen, à Denver (Colorado)

Marianne, Durham

“Je ne m’attendais pas à me réveiller en réanimation, dans l’unité de soins intensifs, moins de douze heures après avoir accouché de ma fille. Cette nuit-là, à moitié consciente, j’ai tenté de rassemblé les pièces du puzzle et d’endurer la douleur. On parle souvent aux femmes des risques que comporte un accouchement vaginal après avoir subi une césarienne, mais je ne crois pas avoir entièrement assimilé les risques inhérents à une deuxième césarienne. Je ne m’étais tout simplement pas dit que cela pouvait m’arriver. Digérer le traumatisme d’une importante hémorragie postpartum et d’une hystérectomie d’urgence afin de me sauver la vie n’a pas été simple, mais je souhaite, en relatant mon histoire, faire savoir aux femmes qu’elles ne sont pas seules et qu’elles n’ont pas à rester dans leur coin. Je suis extrêmement reconnaissante à l’équipe médicale qui s’est occupée de moi, et je voudrais dire au personnel soignant qu’un peu de compassion peut se révéler bien plus important qu’il n’y paraît.” — Marianne, à Durham (Caroline du Nord)

Emily, New-York

“Même quand leur accouchement ne se déroule pas exactement comme prévu, les femmes avec qui je travaille en tant que doula et éducatrice périnatale vivent une expérience nettement plus heureuse quand elles se sentent respectées et soutenues par l’équipe qui les accompagne. Celles d’entre nous qui les entourent à ce moment-là devraient se rappeler qu’une naissance n’arrive pas seule. La façon dont on traite les femmes au cours de la grossesse, de l’accouchement et au début de la maternité a des conséquences durables, autant sur les mères que sur leur famille. Si traumatisme il y a au cours de l’accouchement, il vient principalement de la façon dont on considère les femmes et non de la manière dont l’accouchement se déroule. Peut-être que si nous cessions d’envisager les soins maternels comme un ‘problème typiquement féminin’ mais plutôt comme les fondations d’une famille bien portante, nous accorderions aux soins de grossesse et d’accouchement tout le sérieux qu’ils exigent.” — Emily, à New York (New York)

Césariennes d’urgence, fausses couches, allégations de mauvais traitement de la part du personnel médical… Les cas d’accouchements difficiles sont nombreux et peuvent se manifester sous différentes formes.

La série de photos "Exposing the silence" a été réalisée par Cristen Pasucci, membre des associations Improving Birth et Birth Monopoly, et Lindsay Askins, photographe et doula. Les deux femmes ont parcouru les Etats-Unis et sont parties à la rencontre de femmes ayant vécu des grossesses et accouchements difficiles.

Les femmes victimes de ce genre d’expériences n’osent souvent pas en parler de peur de recevoir des réponses telles que : « au moins votre bébé se porte bien » ou « arrêtez un peu de vous plaindre ». Cette crainte d’en parler génère alors souvent un isolement et peut conduire parfois à des dépressions. Au travers de cette série photos, Cristen Pasucci et Lindsay Askins espèrent contribuer à la prise de conscience du caractère traumatisant de ces accouchements et montrer à quel point soutenir ces mamans est fondamental.

Cet article provient du Huffington Post.

©Photo: Lindsay Askins - exposingthesilenceproject.com