La stérilité contraceptive: une solution controversée

La contraception définitive reste encore méconnue et incomprise des années après avoir été légalisée. Quels en sont les tenants et les aboutissants?


La stérilité contraceptive: une solution controversée

Témoignage d'une maman de 3 enfants

Sophie (le prénom a été modifié), est une maman de trois enfants. Il y a quelques mois, à 34 ans, elle a décidé de recourir à la contraception définitive. Les réactions face à sa décision sont parfois extrêmes: "Imaginez si l’un de vos enfants décède". "Et si vous rencontrez un nouvel homme ?" "D’ailleurs, est-ce que votre mari est au courant ?" Pour résumer son choix Sophie déclare "j'en ai trois et je suis passée à autre chose".

Au fur et à mesure des années, elle a développé une intolérance aux contraceptifs modernes, lui déclenchant ces règles trois semaines de rang. Dans ses relations intimes, elle emploie la technique du "retrait". Elle se dit apeurée qu'une grossesse non désirée ne survienne et est frustrée sexuellement à cause de ça. C'est une sage-femme, lors de son dernier accouchement, qui lui a communiqué le nom d'une maternité dans laquelle les gynécologues acceptent de pratiquer la stérilisation sans jugement.

Une méthode rapide

Depuis la Loi Aubry du juillet  2001 en France et depuis une dizaine d'années en Belgique, toute femme majeure et saine d'esprit, non-placée sous tutelle et sans conditions d'âge ou de nombre d'enfants peut avoir accès à la stérilisation contraceptive. Le personnel médical doit par ailleurs informer la patiente des conséquences d'un tel acte. Un délai de réflexion de mois est ensuite requis avant une éventuelle opération.

Une méthode de stérilisation "ultra-légère" a fait son apparition dans la foulée de la légalisation, il s'agit de la méthode "Essure" ou "hystéroscopique". A l'aide d'un petit ressort, les trompes de Fallope se feront obstruer. L'opération se pratique en moins de dix minutes et en ambulatoire pour un coût d'environ 700€ pris en charge par la sécurité sociale. Il reste toutefois la solution de la "cœlioscopie", qui consiste en la ligature des trompes. Celle-ci nécessite néanmoins une anesthésie générale et une ou deux journées d'arrêt pour hospitalisation. 

Une solution controversée

Plus de 6 femmes sur 10 dans le monde utilisent un moyen de contraception. Parmi ces dernières, 30% ont été stérilisées (de gré ou de force), ce qui en fait le moyen de contraception le plus répandu. En comparaison, 22% utilisent un stérilet, 14,1% la pilule, 12,6% le préservatif masculin et 9,6% les méthodes traditionnelles (le retrait, la continence périodique). Le chiffre est toutefois à nuancer car en Inde par exemple, la stérilisation est utilisée pour contrôler le nombre de naissances. 

Cette pratique choque encore beaucoup la société. Seulement certaines maternités la revendiquent. Le profil type de ces patientes: "C’est une femme âgée entre 35 et 45 ans, qui a généralement deux-trois enfants, qui a souvent mal toléré le stérilet et ne veut plus prendre d’hormones car elle a tourné la page de la maternité" relate le docteur Marie-Laure Brival des Lilas. Les médecins assurent généralement réorienter les jeunes patientes vers d'autres contraceptifs car "plus le système a été posé sur une femme jeune, plus il y a un risque d'avoir un regret" déclare Patrice Lopes. 

Source: TV5Monde