Les émotions et le sens des pleurs de bébé

Bébé pleure, il est grognon... Savez-vous reconnaître le sens de ses pleurs et interpréter ses mouvements d'humeur ?

Les émotions et le sens des pleurs de bébé

Lorsque bébé naît, il est d'abord et avant tout un être de perceptions et de sensations, fines et subtiles, pleinement vécues et exprimées bien que non consciemment identifiées. Ces sensations, qu'elles viennent du dedans ou du dehors se traduisent d'une façon globale, généralisée : bien-être ou malaise.

Le bien-être se manifeste par un sommeil tranquille, un comportement calme. Si bébé ne dort pas, il regarde autour de lui, suit des yeux les personnes qui se meuvent dans son environnement immédiat ou les objets qui bougent, gazouille, sourit, se balance dans son relax, chipote avec sa peluche, mordille son hochet, autant de comportements qui manifestent, chaque jour, l'évolution de son développement sensori-moteur. Très vite, on peut le voir passer du rire aux pleurs et des pleurs au rire.

Effectivement, la moindre frustration, le moindre manque, la moindre sensation qui provoque la perte de cet équilibre du bien-être se manifeste par des pleurs, des gémissements, des cris parfois accompagnés de gesticulations.

Comment comprendre ses pleurs ? Tout est là, en effet, il ne faut ni dramatiser, ni minimiser, encore moins s'inquiéter mais être à l'écoute de bébé avec toute son intuition, que l'on soit mère, père ou nounou. Bébé pleure différemment s'il a faim, froid, s'il a des coliques, s'il a perdu sa sucette ou s'il se sent éloigné de sa mère.

Lorsque bébé pleure, il envoie un message, et ce message doit être reçu et considéré à sa juste valeur. Si bébé pleure parce qu'il a faim, il est nécessaire de répondre à sa demande, même si vous l'avez nourri une heure auparavant ; bébé ne connaît que l'heure de son estomac. En attendant d'avoir accès au sein ou au biberon tant convoité, votre petit monstre risque de hurler, surtout, pas de panique, préparez tranquillement ce qui est nécessaire tout en rassurant votre petit, par exemple en lui disant calmement que vous savez qu'il a faim et que vous faites ce qu'il faut pour prendre soin de lui. Bien sûr, il ne comprendra pas le sens conscient de ce que vous dîtes mais il entendra au son de votre voix et aux vibrations qui en émanent que, effectivement, vous vous occupez de lui ; ça ne l'arrêtera probablement pas de pleurer car sa faim continue à le tenailler mais cela le rassurera.

Sachez aussi que le tout jeune enfant n'a pas le sens du temps, deux minutes pour l'adulte sont pour lui une éternité. Rien de plus inquiétant quand on arrive sur Terre que d'avoir la sensation de n'être pas entendu, reçu, compris, pris en compte ; surtout, surtout, ne lui demandez pas ce qu'il a ! J'entends parfois des jeunes mamans, dire à leur bébé qui pleure : - «Qu'est ce que tu as mon/ma chéri(e) ? Tu as faim ? Tu as froid ?» Et bébé de pleurer encore plus fort, au grand désespoir de leur mère... En fait, c'est bébé qui désespère de se faire comprendre et dont l'angoisse risque alors de germer.

Si vous ne pouvez identifier de suite le sens de ses pleurs, vous pouvez, calmement, lui dire: - «Mon/ma chéri(e), je sais que tu as besoin de quelque chose, je ne sais pas encore de quoi, mais je te promets que je vais bientôt trouver.». Cela le rassurera et, en même temps, il fera l'expérience, oh combien nécessaire pour sa vie, qu'il peut compter sur l'autre à l'intérieur d'une relation saine, autonome, maman ne se trouve pas mal parce que lui est dans le besoin ou la souffrance. Ce point est fondamental pour que l'enfant grandisse de façon équilibrée.

Il ne faut jamais perdre de vue qu'en naissant, l'enfant est équipé d'un système sensoriel comparable à un radar et que donc, toute perturbation aussi légère soit-elle dans l'équilibre du bien-être est perçue et manifestée. Cela fait partie de la responsabilité des adultes, non seulement de le savoir mais surtout de répondre à cette sensibilité de façon appropriée, c'est du respect de chaque jeune être humain dans son intégralité que dépendra la qualité de la société de demain.

Nicole Duhamel, Psychologue, Psychothérapeute