Régime à 12 ans ? Savoir dire non !

Face au "diktat de la minceur", nos pré-ados ne semblent avoir qu'une idée en tête: surveiller leur alimentation pour mieux contrôler leur ligne. Comment aider votre enfant dans ce cas ?


Régime à 12 ans ? Savoir dire non !

Très sérieuse, à, 12 ans, elle assène: " Non, Maman, je ne veux pas de pâtes ce soir: ça fait grossir ". Et votre fille de se contenter de la sauce spaghetti, certes délicieuse mais pas assez nourrissante à elle seule. Comment régir face à une pré-adolescente déjà soucieuse de son apparence ? Le pire est-il encore à venir ?

Plus que jamais les pré-ados et ados vivent sous l'influence puissante des médias: magazines, télévision, films, publicité, ... Nos jeunes consacrent une part considérable de leur temps et de leur argent à ces vecteurs d'information, dont l'opinion leur semblent également très importante.

Et les spécialistes du marketing ont bien compris l'impact des médias sur ces consommateurs potentiels. Armés d'enquêtes statistiques et d'analyses de sondages, ils jouent sur la corde sensible: sachant que 50% à 75% des adolescentes ne seraient pas satisfaites de leur image, la trouvant trop décalée par rapport à celle des " canons de beauté " proposée dans les magazines, les commerciaux répliquent.

Face aux jeunes (surtout, les filles) qui n'ont plus qu'une idée en tête: trouver le régime miracle qui leur permettra de perdre quelques kilos en trop (qu'elles n'ont pas), le marketing propose en couverture des magazines qui le régime brûle-graisses, qui le "programme minceur en moins d'une semaine",... Comment lutter face à ce diktat de l'image ?

Sans interdire à votre enfant de lire ce genre de revues, mettez-le toutefois en garde : expliquez à votre fille que depuis son enfance, elle n'a été confrontée qu'à des mannequins maigres à la une des magazines, sur les affiches à l'arrêt des bus, ... Pourtant, ces top-models courent un grave risque : leur sous-alimentation entraîne des carences alimentaires, donc des fatigues, des troubles des règles et de la fertilité. A cela s'ajoute des problèmes psychiques, comme une diminution de la résistance au stress, des troubles du comportement alimentaire,...

Véritable phénomène de société à l'heure actuelle, le " culte de la minceur " est dangereux, surtout pour votre pré-ado, encore en pleine croissance. Expliquez-lui que des repas équilibrés, des sucreries en quantités limitées lui permettront de grandir et grossir tout à fait normalement pour son âge.

Rassurez également votre fille : le besoin de se référer aux magazines traduit en effet un manque de confiance en soi. La période de la pré-adolescence n'est pas facile à vivre: face à un corps qui change, à une nouvelle vie d'adulte qui s'annonce, votre enfant peut sembler perdu et avoir besoin de se raccrocher à quelque chose. Parfois un bout de papier glacé...

Si l'obsession du poids se fait omniprésente dans la vie de votre pré-ado, étudiez ensemble la possibilité de rencontrer un psychiatre ou un psychologue. Grâce à lui, vous découvrirez les facteurs (peur de grossir, angoisse de ne pas plaire, ...) qui poussent votre fille à penser continuellement à sa ligne. En les connaissant mieux, elle s'acceptera sans doute plus facilement, elle, son corps et son poids.

Et si votre fille a réellement quelques kilos à perdre. Aidez-la. Si sa perte de poids doit être limitée (quelques kilos en trop seulement), conseillez-lui la pratique régulière d'un sport. De même, éviter de grignoter et boire des boissons sucrées pourra l'aider.

Enfin, si plus de 5 kilos doivent s'envoler, proposez à votre enfant d'aller consulter une nutrionniste. Avec vous, elle établira un régime spécifique, adapté à votre enfant, comprenant des menus équilibrés et le moins d'interdits possibles.