La première cigarette, à 12 ans ?

Une odeur de tabac suspecte, un briquet dans son sac à dos,... Autant de signes qui ne trompent pas.


La première cigarette, à 12 ans ?

Une odeur de tabac suspecte, un mégot retrouvé sur le rebord de la fenêtre de sa chambre, un briquet dans son sac à dos,... Autant de signes qui ne trompent pas. Votre pré-ado a goûté à la cigarette. Pour votre plus grande inquiétude...

Les chiffres du tabac sont éloquents : un quart des enfants ont déjà fumé à l'âge de 11-12 ans ! Pendant les humanités, 8 adolescents sur 10 vont s'essayer au tabac et au final un sur deux, soit 40%, restera accro à la nicotine ! Pourtant d'autres données apportent une note d'espoir : en 2006, les jeunes sont globalement moins nombreux à fumer (12%) qu'en 2005 (15%) !

Cette différence, certes encourageante, ne doit pas nous faire baisser les bras de la prévention. En tant que parents, nous avons un rôle primordial à jouer dans la sensibilisation et l'information. Toutefois, certains mythes doivent être brisés. Des parents avancent que pour écœurer un enfant du tabac, il suffit de lui proposer de fumer une première cigarette. Selon eux, il se rendra alors compte à quel point c'est mauvais.

Mais c'est faux : quand la première cigarette est fumée entre 11 et 12 ans, elle augmente par 6 la probabilité de fumer régulièrement l'année suivante, par 3 la deuxième année et encore par 2 la troisième année ! Autrement dit, pour une cigarette fumée entre 11 et 12 ans, il faudra attendre 4 ans, soit que l'enfant ait atteint 16 ans pour que le sur-risque soit annulé ! Mieux vaut donc ne pas tenter le diable !

Comment expliquer de telles conséquences ? Des neurobiologistes ont établi que la première cigarette, une seule, suffit à entraîner des modifications durables du cerveau. La nicotine qu'elle contient va en effet se lier à des certains récepteurs cérébraux (les récepteurs nicotiniques). Résultat : dès la première cigarette, l'organisme fabrique davantage de récepteurs nicotiniques, ce qui rend l'enfant plus vulnérable.

En plus, les jeunes tirent généralement leurs premières bouffées de tabac en groupe : on fume d'abord pour imiter les plus grands,pour s'insérer dans ce groupe et paraître « in ». Ce sentiment associé à la cigarette va perdurer dans l'esprit du pré-ado qui aura tendance à fumer régulièrement et de plus en plus souvent.

Mais le pire est ailleurs : il réside dans l'inconscience de ces jeunes face à leur dépendance au tabac. Nombreux (80%) sont ceux convaincus de pouvoir arrêter de fumer quand ils le veulent. Mais ce n'est qu'une illusion : la cigarette est une drogue, qui doit être considérée comme telle !

Mais comment dissuader votre enfant de fumer ? Malheureusement, il n'y a pas de recette miracle. On l'a vu le dégoût par la pratique n'est pas une solution. Etre autoritaire et faire du tabac le plus grand tabou de la maison ne sera pas efficace non plus. Cela ne fera qu'attiser le goût de votre pré-ado pour l'interdit et le mènera directement au bureau de tabac pour y acheter un paquet de cigarettes...

Adoptez une attitude intermédiaire, à la fois ferme mais ouverte. Une possibilité réside dans le fait d'évoquer les graves maladies découlant du fait de fumer. Précisez à votre enfant que chaque année 4 millions de personnes meurent à cause du tabac dans le monde. Ces chiffres n'évoqueront peut-être rien pour lui mais le but est que vous ne normalisiez pas le tabagisme.

Les effets du tabac sur la santé sont désastreux. Les autorités de notre pays l'ont bien compris et ont (enfin) réagi en adoptant l'interdiction de fumer dans les locaux scolaires de tous les établissements de la Communauté française depuis le 1er septembre 2006. une occasion de moins pour que les élèves soient tentés de commencer...